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Un humour «trash» et sans limites

Dave Chappelle a été fidèle à lui-même avec des blagues décapantes

Dave Chappelle
Photo courtoisie Dave Chappelle

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Blagues grivoises, contenus explicites et vulgarité assumée, Dave Chappelle n’a pas perdu de son ton corrosif lundi soir au Théâtre Maisonneuve de la Place des arts. Entre deux gros mots, l’humoriste américain s’est même permis de fumer sur scène durant tout le spectacle.

Pourtant, le public, lui, n’a pas eu le droit de jouer au délinquant. Avant l’arrivée du comique, un DJ censé mettre une ambiance musicale a rappelé sérieusement qu’il était interdit d’utiliser son téléphone cellulaire pour prendre la moindre photo de la vedette sous peine d’être expulsé sans condition. Nous étions prévenus.

Dave Chappelle, qui inaugurait le premier round d’une série de dix spectacles qu’il présente dans le cadre de Just For Laughs, est apparu, micro à la main, deux projecteurs dirigés sur sa silhouette d’enfant terrible. Il faut dire que le monsieur, doté d’un humour noir décapant et agressif, n’a pas la langue dans sa poche. Ses prestations parfois huées font le plaisir de ceux qui se cherchent un refouloir.

Politique

Que l’on soit d’accord ou non avec ses opinions, l’humoriste de 41 ans veut gratter là où ça fait mal, surtout lorsque son discours prend une tangente plus politique. L’élection de Barack Obama a été vécue comme un «bon moment» par l’humoriste afro-américain converti à l’islam. «Il est noir, alors il finira en prison de toute façon», a-t-il lâché.

Il s’est beaucoup entretenu avec le public, en particulier ceux et celles prenant place dans la première rangée. Il est aussi revenu sur l’actualité à chaud. Les vidéos de décapitations, la tuerie à Charlie Hebdo, l’affaire Bill Cosby, le virus Ebola ou l’évasion du narcotrafiquant mexicain «El Chapo», l’humoriste ne s’est interdit aucun sujet (pas toujours brillant), quitte à passer du coq à l’âne.

Pour ce qui est des Canadiens: «un peuple sympathique qui ne connaît rien à la guerre et dont l’unique souci semble se résumer à un vol de sirop d’érable».

Chappelle assure qu’il n’est pas raciste. Il répétera sourire en coin qu’il aime son prochain avec quelques limites tout de même. Les gros, il n’est pas capable de les endurer. En ce qui concerne les homosexuels, il les respecte, mais ne voit pas pourquoi il devrait dire «elle» lorsqu’il rencontre un transsexuel. «Jusqu’à quel degré dois-je personnellement participer à sa transformation», se demande-t-il.

Macho et misanthrope

L’humoriste activiste et fumeur de pot a vite laissé place à la débauche et à la grossièreté. Les phrases qui se sont terminées par les mots «fuck» et «shit» peuvent se compter par centaines. Et ça riait fort dans la salle lorsque le macho s’est mis à raconter ses partouzes.

Même si l’on nous avait promis du nouveau matériel, il reste que l’ancienne vedette de «comedy club» a repris plusieurs numéros livrés lors de son dernier passage à Just For Laughs en 2013, par exemple son histoire de chantage avec une vidéo cassette à contenu osé.

On l’aura compris. Les plaisanteries se situant en dessous de la ceinture sont ses thèmes de prédilections. Âmes sensibles s’abstenir. L’humoriste a étalé avec moult détails ses aventures sexuelles pas toujours romantiques ni drôles d’ailleurs. Finir un spectacle en exposant sa libido n’est la plus charmante des conclusions.