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Elle joue leur retraite aux machines à sous

Une dame de 61 ans est condamnée à 44 mois de prison pour fraude sur des septuagénaires

Diane Ostiguy
Photo Collaboration Spéciale, Benoit Chevalier Diane Ostiguy a été condamnée à près de quatre ans de prison pour avoir fraudé des septuagénaires.

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Une femme de Richelieu a été condamnée à 44 mois de prison pour avoir volé 319 000 $ à un couple de septuagénaires. Elle a dépensé l’argent dans des machines à sous pour assouvir sa dépendance au jeu.

Diane Ostiguy, 61 ans, s’est présentée sous un faux nom et a créé de toutes pièces un lien d’amitié pour berner sa victime lorsque tous deux travaillaient comme bénévoles dans un organisme à but non lucratif.

Après avoir notamment demandé des prêts pour l’achat de dentiers et d’un lit orthopédique, l’accusée a inventé une histoire selon laquelle une de ses nièces avait été victime d’agression sexuelle. Elle avait besoin d’argent pour poursuivre l’agresseur au civil puisque la police refusait de le faire, disait-elle.

Diane Ostiguy a laissé croire à ses victimes que les biens de l’agresseur seraient saisis une fois qu’il serait reconnu coupable. Elle promettait au couple des affaires d’or en revendant ses effets personnels.

«Le faux nom en dit long sur la préméditation de l’accusée», a expliqué le juge Éric Simard.

«N’eût été la ténacité des enfants de la victime, la supercherie aurait probablement continué», dit-il.

Les économies d’une vie

Au total, la voleuse a réussi à soutirer 319 000 $, les économies d’une vie, à sa victime et à son conjoint sur une période de deux ans entre août 2009 et septembre 2011.

Diane Ostiguy, qui vit de l’aide sociale, a utilisé l’argent pour assouvir sa dépendance aux machines à sous.

Selon le jugement, les pertes financières du couple s’élèvent à près de 600 000 $, notamment en raison des pénalités financières pour le retrait de certaines sommes.

Les victimes ont été forcées de vendre des biens pour éponger une partie de leurs pertes. La femme de 70 ans et l’homme de 72 ans, dont les noms sont frappés d’un interdit de publication, sont maintenant sous médication pour parvenir à dormir. Le conjoint a même été forcé de retourner sur le marché du travail.

Une peine exemplaire

Le juge a appuyé sa peine de 44 mois de pénitencier en rappelant que la voleuse avait ciblé des «personnes généreuses et vulnérables» avant de commettre ses crimes.

Il a ajouté que ses gestes ont eu des «conséquences dévastatrices» sur la vie des victimes qui ont subi «d’importantes pertes financières sans possibilité de remboursement».

Diane Ostiguy avait un antécédent de vol. Même si l’accusée a plaidé coupable et qu’elle a affirmé avoir mis fin à ses problèmes de jeu, le juge Simard a clairement préféré la proposition du procureur public qui demandait une peine de quatre ans d’emprisonnement. «Les tribunaux se doivent d’envoyer un message clair concernant les abus faits aux personnes âgées.» L’avocate de Mme Ostiguy suggérait plutôt une sentence de deux ans à purger dans la collectivité. «Ma cliente ne m’a pas donné le mandat de commenter, mais disons qu’elle est très bouleversée», a expliqué Me Célina St-François.

Ce qu’ils ont dit

Le juge Éric Simard:

«Dévastateur, c’est le seul qualificatif qui colle au crime qu’ont subi les victimes.»

«Elle s’est montrée très persuasive, réussissant même à berner les enfants des victimes.»

Éric Prud’homme, directeur général de la Fédération de l’âge d’or du Québec (FADOQ):

«Il faut que les gens soient dissuadés de profiter de nos aînés.»

«Souvent, lorsqu’ils se font aborder [les aînés], c’est parce que les gens ont des informations sur eux [...] ne jetez pas vos documents confidentiels à la poubelle.»