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La gravité des crimes en baisse dans la région

Les policiers sur les lieux d’une tentative de vol avortée dans une banque de l’arrondissement Saint-Laurent à Montréal le 25 décembre 2014.
Photo d’archives Les policiers sur les lieux d’une tentative de vol avortée dans une banque de l’arrondissement Saint-Laurent à Montréal le 25 décembre 2014.

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Il est de moins en moins rentable pour un bandit de cambrioler des maisons ou de voler le sac à main d’une passante. Cela explique en partie pourquoi la gravité des crimes a connu une baisse spectaculaire dans la région de Montréal l’an dernier.

«C’est énorme», s’exclame le criminologue Marc Ouimet à propos de la baisse de 9 % de l’indice de gravité de la criminalité dans la grande région de Montréal entre 2013 et 2014.

Cette baisse est d’ailleurs la plus marquée de toutes les provinces canadiennes.

Comme dans l’ensemble du pays, cet heureux déclin est principalement attribuable à une diminution des cambriolages et des vols qualifiés, révèlent des données publiées hier par Statistique Canada.

«Il n’y a plus grand-chose d’intéressant à voler dans les maisons», explique M. Ouimet. Alors qu’autrefois, un four micro-ondes et une pile de CD pouvaient valoir une petite fortune, les appareils électroniques sont aujourd’hui plus difficiles à revendre.

Aussi, les gens ne traînent plus autant d’argent liquide sur eux qu’avant. Pour les délinquants, le braquage pose donc un risque très élevé pour récolter des montants très faibles, estime M. Ouimet.

Démographie

Mais au-delà des types de larcin, la criminalité est en baisse de façon générale dans l’ensemble du Canada, même si on inclut les crimes violents.

La gravité des crimes est ainsi la plus basse enregistrée depuis 1998 et le taux de criminalité est à son plus faible depuis 1969.

À Montréal, le taux d’homicides a atteint son niveau le plus bas depuis plus de trois décennies.

«Cela fait 20 ans que la criminalité diminue», souligne M. Ouimet. «C’est aussi vrai aux États-Unis et en Europe.»

Cette baisse généralisée s’explique par le vieillissement de la population, indique le criminologue.

Mais il y a aussi la technologie: les caméras de surveillance, les téléphones cellulaires et la traçabilité des transactions bancaires. «Maintenant, on laisse des traces partout.»

Exceptions

Certaines catégories de crimes font toutefois exception à la règle et ont connu une hausse l’an dernier, comme ceux reliés à la pornographie juvénile, au terrorisme et à la fraude d’identité.

L’indice de gravité de la criminalité mesure le volume et la gravité des crimes déclarés à la police, tandis que le taux de criminalité mesure le nombre d’infractions commises par 100 000 habitants.

La criminalité au Canada

Nombre de crimes par 100 000 habitants
 
5968 Au Canada en 2013
5046 Au Canada en 2014
 
3861 Au Québec en 2013
3492 Au Québec en 2014
 
4072 Région de Montréal en 2013
3728 Région de Montréal en 2014
 
 

 

Brèves

Québec

Province championne de la faible criminalité

De toutes les provinces canadiennes, c’est le Québec qui a eu le taux de criminalité le plus faible en 2014.

En baisse de 10 % par rapport à 2013, le taux de criminalité se situe à 3492 crimes commis pour 100 000 habitants.

En comparaison, le taux était de 10 505 en Saskatchewan.

Traditionnellement, les taux de criminalité sont les plus faibles dans l’est du pays et vont en augmentant lorsqu’on se déplace vers l’ouest, explique le criminologue Marc Ouimet. Certains pourraient donc s’étonner que la criminalité ait été plus faible au Québec que dans les provinces maritimes l’an dernier.

«Mais il est normal que ce chiffre fluctue d’une année à l’autre. Il faut regarder à plus long terme pour dégager une réelle tendance», rappelle M. Ouimet.

Politique

Les politiques québécoises pourraient-elles avoir joué un rôle dans cette baisse?

M. Ouimet n’y croit pas. Selon lui, s’il y a bien une chose qui n’a pas joué de rôle dans ce déclin du crime, c’est la politique, même si des politiciens conservateurs aiment bien nous faire croire le contraire.

«Les délinquants sont peu sensibles aux peines qu’on impose. Ce qui est dissuasif, c’est le risque de se faire “pogner”.»

À la lumière des chiffres publiés par Statistique Canada hier, M. Ouimet considère donc qu’il est futile d’invoquer la criminalité comme argument politique, même s’il a de fortes chances de s’inviter dans la prochaine campagne électorale.

Statistiques

Hausse des infractions sexuelles infantiles

L’infraction sexuelle contre les enfants est une des rares catégories de crimes à avoir augmenté au Canada l’an dernier.

Au total, quelque 4500 infractions de cette nature ont été déclarées par les corps de police en 2014, soit environ 300 de plus qu’en 2013, révèle Statistique Canada.

Cette hausse de 6 % s’explique principalement par les affaires de leurres d’enfants au moyen d’un ordinateur. En effet, quelque 1190 affaires ont été compilées en 2014, contre 850 en 2014.

Pornographie

Le taux de pornographie juvénile a lui aussi crû, avec une hausse de 41 %.

Le nombre d’affaires liées aux contacts sexuels ou à l’incitation à des contacts sexuels a toutefois diminué au cours de la même période.

Notons qu’au-delà du nombre de crimes commis, l’augmentation des chiffres peut aussi être le fruit de la mise en place d’unités spécialisées consacrées à ces enjeux au sein des corps de police.

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