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Des cafés sans Wi-Fi

Mitchell Simon, gérant du Pikolo Espresso Bar
Camille Gaior / 24 Heures Mitchell Simon, gérant du Pikolo Espresso Bar

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L’augmentation du nombre d’ordinateurs dans les cafés ne fait pas l’affaire de tous les commerçants, à tel point que certains coupent l’accès à internet.
 
Le Pikolo Espresso Bar, sur l’avenue du Parc, à quelques mètres du Quartier des spectacles, ne possède plus de Wi-Fi.

«On a coupé le réseau il y a six mois, explique le gérant Mitchell Simon. Des gens restaient là sept heures de temps sans consommer, il y avait beaucoup de téléchargement et on a même été contactés concernant du téléchargement illégal.» Depuis, si l’utilisation de l’ordinateur demeure permise, les clients n’ont pas accès à internet et plusieurs prises d’électricité ont été coupées.

Le Pikolo Espresso Bar sur l’avenue du Parc a coupé le Wi-Fi il y a 6 mois.
Camille Gaior / 24 Heures
Le Pikolo Espresso Bar sur l’avenue du Parc a coupé le Wi-Fi il y a 6 mois.

Un peu plus au nord, sur l’avenue Fairmount Ouest, l’Arts Café a pris la même décision. «Les gens voulaient manger, mais les places étaient prises juste par ceux qui utilisaient leurs ordinateurs, explique le propriétaire Grégory Paquet. On est plus un restaurant qu’un café et on avait aussi un problème d’espace.»

Encadrer plutôt que débrancher

Si certains propriétaires choisissent de débrancher complètement, plusieurs préfèrent établir des règles, pour permettre aux travailleurs et aux clients de mieux cohabiter.

Depuis deux ans et demi, le Café Plume demande aux travailleurs de s’installer au comptoir et non aux tables durant les fins de semaine, «pour l’amour du café et d’une conversation amicale», comme l'indique l’affiche à l’entrée de l’établissement.

Un matin de semaine, au Café Plume, plus du tiers de la trentaine de places étaient occupées dans des ordinateurs.
Camille Gaior / 24 Heures
Un matin de semaine, au Café Plume, plus du tiers de la trentaine de places étaient occupées dans des ordinateurs.

«Si on veut que les petites dynamiques subsistent, il y a besoin d’un certain partage de l’espace, croit David Sabourin, le propriétaire. On vend du café, pas du Wi-Fi, c’est supposé être un complément et non le but principal», rappelle-t-il.

Le Café Plume demande aux travailleurs de s’installer au comptoir et non aux tables durant les fins de semaine.
Camille Gaior / 24 Heures
Le Café Plume demande aux travailleurs de s’installer au comptoir et non aux tables durant les fins de semaine.

Le Café Névé a lui aussi choisi de délimiter une zone réservée aux ordinateurs la fin de semaine, pour «laisser les gens bruncher».

Au Camellia Sinensis, une maison de thé qui tient à conserver son ambiance feutrée, on va plus loin. Les clients qui souhaitent parler au téléphone sont invités à le faire à l’extérieur.

Malgré tout, l’accès au Wi-Fi gratuit reste l'un des principaux arguments de vente pour les chaînes de cafés, qui possèdent généralement de grands locaux.

«Si c’était un problème, on pourrait penser à une utilisation limitée à 30 minutes, par exemple, mais ce n’est pas le cas», confirme Maude Vézina, directrice marketing pour Café Dépôt.

Compréhensif

À la mise en place de ces nouveaux règlements, certains clients ont vivement réagi.

«On avait de mauvais commentaires sur TripAdvisor et une page Facebook a même été lancée pour nous boycotter, se souvient M. Sabourin. Mais aujourd’hui, la grande majorité des gens sont d’accord.»

Effectivement, les quelques clients rencontrés étaient favorables à de telles mesures. «Je trouve ça bien, car il faut garder des espaces pour que les gens puissent se parler, ça donne une meilleure atmosphère», croit Jennifer Murray, étudiante à McGill, qui était venue travailler au Café Plume ce matin-là.