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La SQ lève le pied sur les voitures fantômes

À la suite d’une collision mortelle, la SQ resserre l’utilisation de ses véhicules semi-banalisés

L’utilisation d’autos-patrouille «monochromes» comme celle qui a été impliquée dans l’accident où trois personnes ont péri à Dolbeau-Mistassini, le 18 juillet, ne sera pratiquement plus autorisée pour répondre à des appels d’urgence par la Sûreté du Québec.
Photo d'archives L’utilisation d’autos-patrouille «monochromes» comme celle qui a été impliquée dans l’accident où trois personnes ont péri à Dolbeau-Mistassini, le 18 juillet, ne sera pratiquement plus autorisée pour répondre à des appels d’urgence par la Sûreté du Québec.

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La Sûreté du Québec a décidé de resserrer l’utilisation de ses véhicules «semi-banalisés» après qu’un de ses patrouilleurs répondant à un appel d’urgence eut été impliqué dans un accident qui a fait trois morts à Dolbeau-Mistassini, au Lac-Saint-Jean.

Le Journal a appris que le grand patron de la SQ, Martin Prud’homme, a avisé tous ses policiers de la mise en place de mesures «transitoires», jeudi dernier.

Appels d’urgence

Les policiers qui sont à bord d’autos-patrouille «monochromes» – dont les bandes réfléchissantes, les inscriptions «police» et le logo de la SQ sont de la même couleur que le véhicule, soit blanc ou noir, ce qui le rend plus difficile à détecter – ne seront plus autorisés à répondre à un appel d’urgence, sauf dans des cas exceptionnels.

C’est au volant d’un tel véhicule «semi-banalisé» – et n’ayant pas de gyrophares sur le toit, comme les autos-patrouille normales – qu’un policier a été impliqué dans une collision mortelle le 18 juillet, à Dolbeau-Mistassini.

Louiselle Laroche, 71 ans, Cécile Lalancette, 89 ans, et le conducteur, Georges Martel, 80 ans, ont perdu la vie quand ce dernier s’est engagé sur la route 169, à l’intersection de l’avenue Rousseau.

Opérations radar

Il semble que le conducteur n’ait pas vu le «semi-banalisé» noir du patrouilleur qui allait assister des collègues sur les lieux d’un appel pour violence conjugale.

Les policiers à bord de ce genre de véhicule ne seront désormais autorisés à procéder à une intervention d’urgence que s’il y a «un risque imminent pour la vie», s’ils se trouvent à proximité des lieux et s’ils sont les seuls à pouvoir intervenir rapidement.

Ces autos-patrouille «monochromes», que la SQ a commencé à incorporer à son parc de véhicules en 2008 comme d’autres corps de police, seront principalement réservées à des opérations de sécurité routière et de contrôle de la vites­se excessive.

Le directeur général «préoccupé»

Le lieutenant Guy Lapointe a précisé que le directeur général de la SQ est «très préoccupé par les récents événements, particulièrement par la tragédie survenue à Dolbeau-Mistassini», et qu’il a senti le besoin «d’encadrer davantage l’utilisation des véhicules semi-identifiés et semi-banalisés».

Le lieutenant Lapointe a ajouté qu’«il ne s’agit pas ici de tirer des conclusions quant aux causes de cette collision, mais bien de mettre en place des mesures transitoires pour assurer la sécurité des citoyens et de nos policiers». C’est le Service de police de Québec qui est chargé de faire la lumière sur l’accident.

Martin Prud’homme, directeur général.
Photo courtoisie
Martin Prud’homme, directeur général.

Martin Prud’homme a aussi formé un groupe de travail pour trouver des solutions à long terme concernant l’usage de ces véhicules.

Le numéro un de la police provinciale avait aussi agi rapidement à la suite de l’accident qui avait coûté la vie à un enfant de 5 ans à Longueuil, en février 2014, et impliquait un policier en filature dans une enquête de l’UPAC.

Les tactiques de filature de la SQ avaient ensuite été revues de fond en comble pour minimiser les risques d’accident. Le policier Patrick Ouellet a été accusé de conduite dangereuse causant la mort dans cette affaire, il y a deux mois.