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Des chevaux de calèche qui suffoquent de chaleur

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Malgré une chaleur étouffante, des cochers persistaient à se balader dans le Vieux-Montréal, mercredi. Pourtant, un règlement municipal les oblige à donner congé à leur cheval lorsqu’il fait plus de 30 degrés Celsius.

Au moins cinq calèches chargées de touristes sillonnaient le Vieux-Montréal lorsque Le Journal a parcouru le secteur, mercredi. Le mercure affichait alors 31 degrés Celsius.

«Je ne connais pas cette loi-là», a laissé tomber un cocher, qui n’a pas voulu s’identifier lorsqu’on a laissé entendre qu’il contrevenait au règlement municipal.

La Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) de Montréal était estomaquée que des cochers s’entêtent à sortir leur calèche par une chaleur pareille.

«C’est inacceptable de faire travailler un cheval dans de telles conditions», dénonce Alanna Devine, directrice de la défense des animaux à la SPCA-Montréal.

Nombreuses plaintes

Cette dernière dit avoir reçu mercredi de nombreux appels de gens choqués de la situation. «Ça nous fait de la peine, mais on ne peut rien faire, car ce n’est pas à nous de faire appliquer le règlement», se désole Mme Devine.

Ce sont les policiers de Montréal qui doivent intercepter les cochers lorsque la température enregistrée par Environnement Canada à Dorval atteint ou excède 30 °C.

C’est vers 15 h mercredi qu’on a atteint cette température critique. Pourtant, les calèches continuaient de se balader en toute quiétude, sous les regards ahuris de nombreux passants.

«On peut penser qu’une calèche, ce n’est rien à tirer pour eux, mais si on ajoute la chaleur, le stress de la circulation et les nombreuses heures de travail, ça devient très difficile. Ils suent, ils transpirent», insiste Michel Pépin, directeur de l’Association des médecins vétérinaires du Québec.

Jusqu’à 1000 $ d’amende

La police de Montréal se défend de ne pas appliquer le règlement, comme le lui reproche la SPCA. «Lorsqu’on reçoit des plaintes, on donne des constats», assure la porte-parole, Anna-Claude Poulin.

S’il s’agit d’une première infraction, le cocher écope d’une amende allant de 100 à 300 $. La pénalité va de 300 à 500 $ pour une seconde offense et de 500 à 1000 $ pour une nouvelle récidive.

Impossible de savoir mercredi si des cochers ont reçu un constat d’infraction.

Règlement municipal

Un cocher ne peut faire travailler son cheval entre 9 h et 18 h lorsque la température extérieure enregistrée par Environnement Canada au bureau de météorologie de Dorval atteint ou excède 30 °C.