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Élections, pipelines et GES

Manifestation devant la Maison-Blanche

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À l’aube de l’élection fédérale, il semble que l’environnement risque de devenir un sujet un plus chaud que lors des élections de 2011 où ce dossier est passé totalement inaperçu.

Pipelines

Des signaux venant des USA donnent à croire que le président Obama dira non au projet de pipeline Keystone XL, ce qui augmentera la pression pour que les projets Northern Gateway et Énergie Est soient construits. Ainsi, il est possible que ces 2 projets constituent un enjeu en Colombie-Britannique, en Ontario et au Québec.

Or, quelques jours après la signature par les premiers ministres des provinces et des territoires d’une stratégie énergétique canadienne où ces derniers se sont engagés à accélérer le processus réglementaire pour faciliter le passage des pipelines, les partis politiques fédéraux se verront d’autant plus interpellés par ce dossier.

Sur ce sujet, les choses sont claires en ce qui a trait à la position du PLC, du PCC et du NPD : ils sont tous trois favorables au projet Énergie Est à quelques nuances près.

Là où le bât blesse particulièrement, c’est lorsqu’on découvre que le NPD s’est opposé au projet Northern Gateway en disant “Conservatives are telling Canadians that they will not be heard. Projects like Northern Gateway can happen anywhere, without consideration for First Nations rights, the environment, the risks or the will of the people...”*

On peut traduire cette phrase par: “ Les Conservateurs disent aux Canadiens qu’ils ne seront pas entendus. Des projets comme Northern Gateway peuvent arriver partout, sans considération pour les droits des Premières Nations, l’environnement, les risques ou la volonté de la population... »

Pourtant, les Premières Nations ne se sont pas montrées favorables au projet Énergie Est, loin de là! Au contraire, le printemps dernier l'association représentant les chefs autochtones québécois (APNQL) a vertement critiqué le processus d'examen du projet d'oléoduc Énergie Est en disant qu’il ne respectait pas leurs droits.

Du côté de l’environnement et des risques, je doute fort qu’un projet de pipeline aille dans le sens d’une plus grande protection, qu’il aille vers l’ouest ou vers l’est, n’est-ce pas? Et avant que certains argumentent sur les bienfaits des pipelines versus les trains, sachez que les projets d'exploitation pétrolière de l'Alberta et de la Saskatchewan prévoient plus de pipelines ET plus de trains.

Ce n'est pas un ou l'autre, mais un ET l'autre.

Quant à la volonté de la population du Québec, un sondage qui a eu lieu sur le sujet en novembre 2014 révélait qu’une majorité de Québécois rejetait le projet Énergie Est.

Sachant cela, comment Thomas Mulcair a-t-il pu dire de ce projet qu’il s’agit là d’une « option sensée »?

Dans ce dossier, le Bloc Québécois a clairement exprimé son opposition au projet Énergie Est, ce qui respecte de fait la volonté de la population du Québec et l’environnement. Le Parti Vert du Canada a fait de même.

Le NPD devra donc composer avec cette contradiction évidente entre son discours à l’ouest versus son discours à l’est.

GES

Dans le dossier de la lutte aux changements climatiques, à la veille du Sommet de Paris, le parti Conservateur est clairement identifié comme le pire parti puisque ce dernier a fait la démonstration de sa volonté de tout faire pour NUIRE à cette lutte au niveau local comme à l’international, rangeant le Canada au rang d’état voyou en matière d’environnement. À tel point que le gouvernement de Stephen Harper a été vertement critiqué par à peu près toutes les instances de la planète.

Si le NPD et le PLC se montrent meilleurs que le PCC en matière de protection de l’environnement (ce qui n’est vraiment pas difficile), leur appui à un ou des projets de pipelines affaiblit leur discours car ces appuis impliquent DE FACTO un soutien à une augmentation de l’exploitation du pétrole issu des sables bitumineux. Or, augmenter cette exploitation ET diminuer nos GES de façon significative s’avérera impossible car leur impact est beaucoup trop considérable pour pouvoir être compensé de façon efficace.

Un enjeu?

Je ne sais pas jusqu’à quel point l’environnement constituera un enjeu important lors de la prochaine campagne électorale, mais une chose est sûre, il risque d’avoir un impact alors qu’en 2011, il n’en a eu aucun. J’en veux pour preuve le fait que malgré un bilan exécrable, les Conservateurs de Stephen Harper ont été élus majoritaires pour une première fois.

Et on ne peut pas voter pour le parti Conservateur dans sa mouture actuelle et dire qu’on a à cœur la protection de l’environnement.

 

*https://www.ndp.ca/news/new-democrats-stand-bc-against-northern-gateway