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Fusillade au Métropolis: une défense de troubles mentaux pour Richard Henry Bain

Richard Henry Bain
Photo courtoisie Richard Henry Bain

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Richard Henry Bain, accusé de meurtre et de tentatives de meurtre relativement à la fusillade au Métropolis le soir des élections provinciales du 4 septembre 2012, attribue ses crimes allégués à la prise d'un médicament pour la dépression.

C’est ce que son avocat, Me Alan Guttman, a déclaré aux journalistes, jeudi, au palais de justice de Montréal.

Bain, 64 ans, aurait pris du Cymbalta, un médicament prescrit pour traiter un trouble dépressif majeur, «juste avant les événements».

Selon Me Guttman, la littérature médicale confirme que ce médicament peut provoquer «des hallucinations» et d’autres effets secondaires qui pourraient expliquer les gestes de son client.

«Je suis ne suis pas un expert là-dessus mais je vais en trouver un pour préparer la défense de mon client», a-t-il dit.

«Il va bien maintenant»

L’avocat a aussi précisé qu’il n’entendait pas présenter une défense d’intoxication mais bien une de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux.

Bain est accusé du meurtre prémédité de Denis Blanchette et de tentative de meurtre sur Dave Courage, deux techniciens de scène qu'il a atteints par balle, à l'extérieur du cabaret Métropolis où le Parti québécois célébrait sa victoire.

Il est aussi inculpé d'avoir visé deux policiers, durant cette soirée électorale où il avait tenu des propos anti-souverainistes.

Questionné sur l’état actuel de son client, Me Guttman a répondu: «Il va bien, maintenant». L’avocat a ajouté que Bain prenait encore des médicaments pour la dépression mais autres que le Cymbalta.

En cour hier, Richard Henry Bain s’est montré calme et beaucoup moins volubile que lors de ses apparitions précédentes dans le box des accusés. La seule chose qu’il a mentionnée au juge, c’est qu’il souhaitait avoir «un procès juste».

Procès remis en 2016

D’ailleurs, le procès de Bain, qui devait s’ouvrir le 8 septembre prochain, a été reporté à la fin de mai 2016, jeudi midi. Le juge Guy Cournoyer, de la Cour supérieure, a consenti à une demande de remise présentée par la défense.

Me Alan Guttman plaidait qu’il avait besoin d’un délai additionnel afin de trouver les services d’un psychiatre pour évaluer l’état mental de son client, le soir des crimes allégués.

Le psychiatre Joel Watts – qui avait notamment évalué le meurtrier Luka Rocco Magnotta pour la défense en prévision du procès de ce dernier – a réalisé un volumineux rapport d’évaluation de l’accusé, le mois dernier, à la demande du tribunal. Mais la défense s’est dite en désaccord avec plusieurs aspects de cette évaluation pilotée par ce spécialiste de l’Institut Pinel et elle souhaite obtenir une contre-expertise.

Me Guttman a mentionné qu’il n’avait toujours pas réussi à trouver un psychiatre prêt à accepter un tel mandat et qu’il avait même entrepris des démarches pour faire appel à des spécialistes aux États-Unis.

Le seul enjeu

Le juge Cournoyer a convenu que la question de l’état mental de Bain au moment de l’attentat s'avérait cruciale, autant pour assurer le droit à une défense pleine et entière de l’homme de 64 ans que pour permettre au jury de se prononcer sur les accusations de meurtre prémédité et de tentatives de meurtre qui pèsent sur lui.

«Ce sera l’un des principaux enjeux du procès, voire le seul», a précisé le magistrat.

Le procureur de la poursuite, Me Dennis Galiatsatos, s’est objecté à la demande de remise en plaidant que les faits remontent déjà à près de trois ans, que la mémoire des témoins risque d’être affectée par ce délai et que les victimes avaient hâte de tourner la page.

Le juge Cournoyer a toutefois observé qu’il est préférable de reporter ce procès de quelques mois, plutôt que d’y aller de façon trop hâtive et risquer que le verdict qui en découlera soit annulé en appel, ce qui nécessiterait un deuxième procès.

La sélection du jury débutera donc le 24 mai et l’audition de la preuve commencera le 30 mai.