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Beaucerons morts dans le Maine : la famille consternée

Martin Poulin et Francine Dumas, tous deux âgés de 58 ans, étaient en couple depuis tout juste un mois.
Photo Facebook Martin Poulin et Francine Dumas, tous deux âgés de 58 ans, étaient en couple depuis tout juste un mois.

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«Quand tu découvres tes parents morts dans le fond d’un char, c’est assez ordinaire.» Et pour Renald Lacasse, le sentiment que les autorités se sont trainé les pieds n’a rien pour faciliter son deuil.

Ce sont en effet les enfants de Francine Dumas et de Martin Poulin qui ont fait la terrible découverte, mardi dernier, de la voiture enfoncée dans un boisé depuis une semaine sur la route 201, dans l’État américain du Maine. «On a vu ce qu’on ne voulait pas voir», témoigne M. Lacasse, qui a perdu sa mère et son beau-père dans cet accident.

Martin Poulin et Francine Dumas, tous deux âgés de 58 ans, étaient en couple depuis tout juste un mois.
Photo centralmaine.com, Michael G. Seamans

En plus du choc et du deuil, M. Lacasse est persuadé que les autorités américaines ont mal agi : elles ont trop tardé, elles n’ont pas cherché au bon endroit et ont précipité la publication de la nouvelle. «On n’était même pas rendu aux douanes que c’était déjà public! déplore-t-il. Ma famille et sa famille ont su ça sur Internet!» Des médias américains ont aussi publié des informations erronées, selon lui.

En entrevue au Journal, le fils unique de Mme Dumas a pris le temps de bien établir les faits. Sa mère et son beau-père Martin Poulin, tous deux âgés de 58 ans, étaient en couple depuis tout juste un mois. «Ça allait bien, ils partaient pour leurs premières vacances ensemble.»

Pas de mariage à Hampton Beach

C’était le mardi 28 juillet, ils allaient passer trois jours à Hampton Beach. Contrairement aux informations publiées dans les médias américains, ils ne se rendaient pas à un mariage. En fait, ils prévoyaient revenir à temps pour assister à un mariage le samedi suivant, à Beauceville.

Ils devaient donc revenir le jeudi. Le lendemain, la famille se posait déjà des questions, mais sans s’inquiéter outre mesure. Des vacances qui se prolongent, c’est possible. Mais le lendemain, Mme Dumas et M. Poulin n’étaient pas au mariage à Beauceville. C’est à partir de ce moment qu’ils se sont questionnés sérieusement. «Pourquoi ils n’y sont pas allés? Pourquoi ils n’ont pas donné de nouvelles? Pourquoi leur cellulaire est fermé?» se sont demandé M. Lacasse et les enfants de M. Poulin.

«Ça n’avançait pas assez»

Ils sont allés à la police et des recherches ont été entreprises. «Mais ça n’avançait pas assez, les nouvelles ne rentraient pas», raconte M. Lacasse, et surtout «ils cherchaient ailleurs d’où on aurait pensé».

Les autorités américaines ont fait des vérifications à Hampton Beach et jusqu’à Boston, dit-il. «Mais je ne comprenais pas, moi! J’avais le feeling que, peut-être, ils ne s’étaient juste pas rendu.»

«Alors, moi pis les enfants de Martin on a décidé d’aller chercher. On ne trouvera rien, mais on en aura le cœur net», se disaient-ils. Mardi, le groupe traverse la frontière. Au passage, ils montrent une photo du couple au douanier, qui a pris le temps de tout noter en détail, précise M. Lacasse.

Sur la route 201, à 56 km de la frontière dans un secteur isolé, ils ont remarqué des traces sur la chaussée et divers objets personnels. Ils ont trouvé les corps inanimés de leurs parents dans leur voiture complètement démolie, engouffrée dans la forêt en bordure de la route, depuis une semaine. Au moins, dit-il, «ils n’ont pas l’air d’avoir souffert».

D’après les traces au sol, il est fort possible, selon M. Lacasse, qu’ils aient fait l’accident en tentant d’éviter quelque chose, un orignal par exemple. Les policiers du Maine n’ont toutefois pas avancé d’hypothèses.

Leurs cartes de crédit et leur téléphone n’avaient pas été utilisés aux États-Unis, ce qui laisse croire aux autorités américaines citées dans centralmaine.com que l’accident se serait produit juste après leur passage au poste frontalier de Jackman, vers 10h30, le 28 juin.

Le groupe est resté sur place jusqu’au remorquage. Après, ils sont allés poser des questions au poste de police pour savoir depuis quand les autorités cherchaient. La réponse? Depuis 13h, c’est à dire peu de temps après qu’ils eurent eux-mêmes alerté les douaniers.