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Une ouverture pour le Québec

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Voilà, c’est parti! Pour la première fois, le Canada vivra deux premières sur le plan démocratique: l’élection fédérale la plus longue de son histoire ainsi que ses premières élections à date fixe.

Voilà, c’est parti! Pour la première fois, le Canada vivra deux premières sur le plan démocratique: l’élection fédérale la plus longue de son histoire ainsi que ses premières élections à date fixe.

Pour le reste, les électeurs canadiens peuvent s’attendre à une campagne très conventionnelle, à savoir des débats où les chefs chercheront à se passer mutuellement le K.-O. avec des formules préfabriquées par leur équipe des communications, des publicités négatives ainsi que des milliers d’affiches qui viendront agrémenter notre paysage quotidien.

La place du Québec

Cette campagne électorale sera également différente de la dernière, dans la mesure où le Québec sera cette fois-ci nécessaire à quiconque voudra former un gouvernement majoritaire.

En effet, avec seulement cinq députés élus en 2011, le Parti conservateur avait réussi une première à cet égard. Plus précisément, avec seulement 11 % de sa députation provenant de l’est de la rivière des Outaouais, les conservateurs avaient malgré tout été en mesure de s’assurer une majorité de sièges aux Communes.

Si elle se poursuit, l’actuelle montée en puissance du NPD en Ontario devrait également faire perdre de précieuses circonscriptions aux troupes de Stephen Harper

Toutefois, pareil scénario ne risque pas de se produire à l’heure actuelle. En raison de sa très impopulaire réforme de l’assurance-emploi, les conservateurs doivent s’attendre à perdre des plumes en Atlantique.

Si elle se poursuit, l’actuelle montée en puissance du NPD en Ontario devrait également faire perdre de précieuses circonscriptions aux troupes de Stephen Harper. Enfin, plusieurs se questionnent à savoir si la récente vague orange en Alberta est annonciatrice d’une percée de Thomas Mulcair dans cette région inhospitalière aux idées progressistes.

Afin de préserver sa majorité, Stephen Harper ne pourra donc pas se payer le luxe d’éviter le Québec. Il n’est donc pas étonnant qu’il ait lancé sa campagne chez nous et qu’il ait désigné des candidats vedettes ou très bien implantés dans leur circonscription. Pensons à cet égard à Michel Surprenant, l’ancien journaliste Réjean Léveillé, à l’ancien caquiste Gérard Deltell ou encore au maire de Victoriaville Alain Rayes.

Fédéralisme d’ouverture ?

Comme le Québec se retrouva en première ligne de cette éreintante campagne électorale, il est à espérer que la province pourra obtenir d’importantes concessions de la part d’un éventuel nouveau gouvernement conservateur.

Si le passé est garant de l’avenir, ce scénario n’a rien de farfelu et est au contraire une stratégie efficace pour Stephen Harper. En effet, lors de la campagne électorale de 2005-2006, la promesse d’un fédéralisme d’ouverture avait permis au Parti conservateur de faire une percée inespérée au Québec. Cette ouverture risque évidemment d’engendrer une surenchère de la part des autres partis qui ne pourra qu’être bénéfique au Québec.

Il est donc à espérer que le premier ministre Philippe Couillard saura prendre acte du levier qu’il aura à sa disposition au cours des 11 prochaines semaines afin d’obtenir des engagements clairs des partis fédéralistes en vue d’améliorer le fonctionnement du fédéralisme.

Pour un individu dont la volonté consiste à ratifier la Constitution à l’occasion des célébrations du 150e anniversaire de la Confédération, une porte inespérée vient de s’ouvrir. Saura-t-il en tirer profit au nom des intérêts supérieurs du Québec ?