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Chutes-Dorwin: Ils sont morts en voulant sauver un enfant de 5 ans

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Un sauvetage a tourné au drame, dimanche, quand deux pères de famille qui ont voulu porter secours au fils de l’un d’entre eux ont été emportés par les courants au parc des Chutes-Dorwin.

Les corps de Nouali Benaissa, 50 ans, et d’un homme de 53 ans, identifié par plusieurs proches interrogés par Le Journal comme étant Meloua Blaha, 53 ans, ont été repêchés dans la rivière Ouareau chacun leur tour, dimanche et lundi.

Ils avaient pris un sentier escarpé non balisé avec un petit garçon de cinq ans et sa sœur d’une dizaine d’années. Ils se trouvaient sur des berges normalement interdites d’accès.

Il n’était pas possible de savoir exactement si le petit garçon avait échappé à la surveillance des adultes où si les quatre personnes avaient décidé de se baigner. Toujours est-il que lorsque les deux hommes ont sauté à l’eau pour venir en aide au bambin, ils ont perdu pied et ont été incapables de regagner la rive.

Première répondante

Charlène Desrosiers, étudiante en technique policière employée par le parc, a été la première à se rendre sur les lieux avec son collègue Gabriel Roy.

«Nous avons reçu un appel comme quoi il y avait une possible noyade. C’est un secteur où on ne va jamais, mais là on s’est précipité», raconte la jeune femme de 19 ans.

En arrivant sur les lieux, ils ont vu le petit garçon se débattre encore un peu dans l’eau. «Il était en étoile, la tête presque recouverte», se rappelle-t-elle.

Ils ont sauté pour lui porter secours et le ramener sur la rive. «Heureusement le garçon n’était pas près des chutes sinon on n’aurait rien pu faire», dit Charlène Desrosiers.

C’est au moment où ils sortaient le petit de l’eau que les deux étudiants ont vu un homme flotter. Là encore, ils sont allés le récupérer.

La sœur qui se trouvait sur la rive criait toutefois qu’il manquait son père. Les secours sont arrivés à ce moment-là pour prendre le relais et s’occuper des enfants.

Pour Charlène, même si la journée était teintée de tristesse, elle essayait de garder le moral.

«C’est sûr qu’on aurait aimé tous les sauver. Mais au moins on a pu sauver l’enfant. On a fait ce qu’on a pu étant donné les circonstances», dit-elle.

Recherches rapides

La Sûreté du Québec avait mobilisé un hélicoptère et des plongeurs lundi pour retrouver le corps de l’homme de 53 ans. Après à peine une heure de recherches, les autorités l’avaient repéré et ont pu le sortir de l’eau.

«Ç’a été assez rapide. Il n’y avait pas de courant dans le fond. Il se trouvait là, pas très loin», raconte Daniel Dionne, plongeur pour la Sûreté du Québec.

Brèves

Des accidents malgré les interdictions

Bruno Guilbault, maire de Rawdon
Photo Le Journal de Montréal, Caroline Pailliez Bruno Guilbault, maire de Rawdon

Le maire de Rawdon, Bruno Guilbault, avoue qu’il ne sait plus quoi faire pour éviter encore que ce genre d’accidents ne se reproduise.

«C’est dramatique ce genre de chose. Malheureusement, il y a toujours des accidents aux chutes. Même si on met des pancartes pour interdire les baignades ou pour interdire les accès, il y a toujours des gens qui y vont», déplore le maire.

La municipalité dit pourtant avoir mis beaucoup de mesures en place pour éviter les tragédies. En plus des indications, deux agents sillonnent les rives en permanence pour dire aux baigneurs de sortir.

«On offre même l’accès à la plage municipale aux gens qui ont payé leur entrée aux chutes si jamais ils veulent se baigner», précise M. Guilbault.

Il faut dire que les noyades sont malheureusement monnaie courante aux chutes Dorwin.

«Chaque année, on en a au moins une», indique le maire.

Résidents avertis

Les habitués de Rawdon sont eux aussi bien conscients des dangers même si le décor est idyllique. Ils évitent tous de s’approcher trop des chutes.

«C’est vraiment triste. La dernière fois, c’est une mariée qui était tombée dans l’eau. Les gens ne sont pas prudents. Tout le monde le sait ici qu’il ne faut surtout pas se baigner», déplore Sylvain Marion, 56 ans, qui profite du camping de Rawdon pour l’été.

En 2012, une jeune femme nouvellement mariée avait effectivement été emportée par les courants lors d’une séance photo avec sa robe. «On se met à la place des familles, ça doit être terrible», confie M. Marion.

Même son de cloche du côté d’un autre résident, Maurice Grenier, 62 ans.

«La plupart des gens ici le savent. Mais souvent ceux qui prennent des risques viennent de l’extérieur», dit-il.

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