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Un rare produit de l’Arizona

Auston Matthews a grandi en admirant les Coyotes et Daniel Brière

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LAKE PLACID | Auston Matthews porte déjà l’étiquette d’un jeune phénomène. Mais, il n’y a pas que son talent ou son choix de poursuivre son apprentissage à Zurich, en Suisse, cette saison qui sautent aux yeux. Il y a aussi son lieu de naissance.

Né le 17 septembre 1997 à Scottsdale, en Arizona, Matthews représente en quelque sorte un bébé des Coyotes de l’Arizona, toujours considérés comme le maillon faible des 30 équipes de la LNH.

Rencontré par Le Journal de Montréal au camp de l’équipe américaine des moins de 20 ans, à Lake Placid, Matthews a raconté sa petite histoire.

«Oui, je suis un produit des Coyotes de Phoenix, a-t-il dit. J’ai joué mon hockey mineur en Arizona avec les Bobcats et j’ai participé à des écoles organisées par les Coyotes. À mes deux dernières saisons, j’ai porté les couleurs du programme américain des moins de 18 ans. C’était la première fois que je sortais de l’Arizona.»

«Mon oncle Wes, qui a joué dans la NFL, avait des abonnements de saison pour les Coyotes, a-t-il poursuivi. Il invitait souvent mon père et moi. Je regardais Daniel Brière et Shane Doan. Je voulais devenir comme eux.»

Un bel honneur

Matthews, décrit comme le plus bel espoir pour le repêchage de 2016, n’était pas vieux quand il regardait Brière. Il n’avait que cinq ans lorsque le petit centre a été échangé des Coyotes aux Sabres de Buffalo. Mais, c’est justement à cet âge que les rêves commencent.

«Ça ne me rajeunit pas, c’est certain, a répliqué Brière en riant. C’est flatteur, surtout quand ça provient d’un jeune surdoué. Mais ce que je trouve le plus intéressant, c’est qu’il vienne de l’Arizona et surtout qu’il a joué tout son hockey mineur là-bas. C’est ça le plus fascinant.»

«On n’aurait jamais pensé à un tel scénario il y a quelques années, a poursuivi l’ancien des Sabres, des Flyers, du Canadien et de l’Avalanche. Encore aujourd’hui, quand on parle de l’Arizona, on décrit surtout les problèmes des Coyotes. C’est rafraîchissant de constater qu’il y a des jeunes qui poussent dans cet État et qu’ils rêvent de la LNH.»

Brière, 37 ans, a récemment rencontré Matthews lors d’un camp organisé par son agent, Pat Brisson, à Los Angeles.

«Mes deux plus vieux garçons participaient à ce camp, a mentionné le Québécois. Matthews ressemblait à un homme qui patinait contre des enfants. J’ai parlé avec Auston, mais aussi avec son père qui m’a montré des photos. Sur une des photos, je signais un autographe à Auston lors d’un carnaval d’été des Coyotes.»

Un grand souhait

On n’entend pratiquement jamais un jeune dire qu’il rêverait d’endosser l’uniforme des Coyotes. C’est évidemment le cas de Matthews.

«J’aimerais que les Coyotes me repêchent avec le premier choix l’été prochain, répond le colosse attaquant de 6 pi 1 po et 210 lb. Il s’agirait d’un scénario rêvé. Les pièces du casse-tête devront tomber à la bonne place pour que ça arrive. Je sais toutefois que les probabilités ne sont pas très grandes.»

Les Coyotes figurent parmi les équipes susceptibles de se battre pour le plus grand nombre de boules dans le boulier en vue de la loterie pour le repêchage.

Un an à Zurich

Auteur d’une saison de 116 points (55 buts, 61 passes) en 60 matchs l’an dernier avec le programme américain des moins de 18 ans, Matthews empruntera un rare chemin cet hiver.

«Je voulais jouer dans une ligue professionnelle, a-t-il expliqué. Le niveau de jeu s’améliore en Suisse depuis longtemps. Je jouerai contre des rivaux plus vieux, il s’agira d’un beau défi pour moi. Je ne cacherai pas également que la présence de Marc Crawford m’a incité à accepter l’offre de Zurich.»

 Les États du Minnesota, du Massachusetts, du Michigan et de New York ont toujours servi de bassins au développement des hockeyeurs américains. Selon le site hockey-reference, seuls deux joueurs nés en Arizona ont atteint la LNH: Jim Brown et Sean Couturier. Mais, les deux n’ont pas fait leur hockey mineur dans le désert.