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Prix affiché, prix payé, conclut un juge

Une cliente gagne son combat contre Sears après l’annonce erronée d’un prix

En janvier, Sears a affiché sur son site web ce module de jeu à 12,99 $ avant d’annuler les centaines de transactions.
Photo courtoisie En janvier, Sears a affiché sur son site web ce module de jeu à 12,99 $ avant d’annuler les centaines de transactions.

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Il manquait un «9» au prix de 129,99 $ et il a été affiché par mégarde à 12,99 $ sur le web? Il faut l’offrir au prix où le client l’a vu, vient de trancher un juge de Sherbrooke, qui condamne Sears à lui faire profiter du prix erroné.

David a gagné contre Goliath. Un juge de Sherbrooke vient de donner raison à Jessica Charest-Corriveau. La femme contestait le droit du géant Sears d’annuler une commande à cause d’une erreur­­ de prix au lieu de l’honorer.

Dans sa courte décision rendue le 20 juillet, le juge Claude H. Chicoine s’est basé sur la Loi sur la protection du consommateur, qui interdit de vendre un produit plus cher que le prix annoncé, même avec ce type d’erreur.

«Ça arrive trop souvent que les compagnies ne respectent pas la loi. Cette fois-là était de trop», dit la mère de deux enfants, pas surprise de sa victoire.

En début d’année, elle pensait profiter d’une offre extraordinaire sur le site de Sears en voyant un centre d’escalade de Little Tikes offert pour aussi peu que 12,99 $. Mais quelques heures plus tard, Sears annulait toutes les transactions, prétextant une erreur de frappe sur son site.

Des centaines d’achats

Entre-temps, des centaines de Québécois avaient profité de l’offre, dont certains qui se doutaient bien qu’il s’agissait d’une erreur. Même que l’annonce du prix fou s’était répandue comme une traînée de poudre dans la communauté des jeunes parents.

Plusieurs en voulaient même plus d’un. C’est le cas de Malika Zaïd, de Gatineau, qui en avait acheté quatre, dont deux pour la garderie de sa fille.

Frustrée par le refus de Sears, elle avait annulé sa commande et créé la page Facebook « Maman Sears Deal » pour dénoncer la situation.

«Je suis très contente pour cette mère, mais en même temps déçue pour toutes celles comme moi qui n’ont finalement pas acheté le produit», indique Mme Zaïd.

Or, Mme Charest-Corriveau n’a pas plus acheté le produit. Elle a simplement exigé en cour le droit de l’avoir à ce prix. Le juge lui a octroyé la différence de prix pour qu’elle s’en procure un ailleurs.

«Nous invitons les consommateurs à poursuivre leurs démarches pour faire valoir leurs droits. La dame qui a gagné en cour l’a fait», dit Alain Carrier, de l’Office de la protection du consommateur.

Dans les jours qui ont suivi l’affichage de cette offre, plus de 300 acheteurs avaient porté plainte à l’OPC, mais peu ont poursuivi leurs démarches.

Pour le reste, si la loi dit qu’il faut respecter le prix affiché, rien ne précise si Sears a le droit d’annuler les achats.

«Nous nous réservons le droit de corriger tout prix [...], et d’annuler ou de refuser toute commande dont le prix [...] est erroné», écrit d’ailleurs le géant canadien sur son site web.


Sears n’a pas rappelé Le Journal lundi pour commenter cette décision.

Ce que dit la loi

 
«Aucun commerçant, fabricant­­ ou publicitaire ne peut, par quelque moyen que ce soit [...], exiger pour un bien ou un service un prix supérieur à celui qui est annoncé»
 
Article 224 de la Loi sur la protection du consommateur.

 

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