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Un député du NPD choque sa famille en relatant une présumée jeunesse difficile

Un député du NPD choque sa famille en relatant une présumée jeunesse difficile
Photo collaboration spéciale, Emy-Jane Déry

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La famille du député sortant néo-démocrate de Manicouagan, Jonathan Genest-Jourdain, l’accuse de vouloir se faire du « capital politique » sur son dos et dénonce la manière dont il a dépeint sa présumée enfance, qu’il dit avoir vécue dans la « pauvreté noire d’une réserve indienne ».

Dans une entrevue accordée au début du mois au Droit-Inc, un média d’information du web spécialisé en droit, le député sortant du NPD, également avocat, parle d’une enfance difficile vécue sur la réserve de Uashat-Maliotenam, près de Sept-Îles.

« Lorsqu’il était jeune, il se nourrissait dans les poubelles. Le sol de son appartement ressemblait à un marécage de bière, échappée à terre par un père alcoolique », peut-on lire dans l’article.

Jonathan Genest-Jourdain a fourni au Droit-inc cette photo de lui, prise à l’époque de sa jeunesse où il fréquentait supposément des gangs de rue.
Photo Facebook
Jonathan Genest-Jourdain a fourni au Droit-inc cette photo de lui, prise à l’époque de sa jeunesse où il fréquentait supposément des gangs de rue.

On y relate le parcours de vie de l’avocat, né d’un père innu et d’une mère québécoise qui aurait connu « la pauvreté noire d’une réserve indienne », avant de devenir le premier député autochtone élu au Québec avec Roméo Saganash.

Sa famille choquée

Choquée à la lecture de cet article, la cousine de M. Genest-Jourdain, Edith Morissette, n’a pas pu s’empêcher de rectifier certains faits sur les réseaux sociaux.

« Ma famille, on est autochtone, on est ce qu’on est, mais on n’a jamais été dans la misère. On est des gens très propres. La réalité qu’il dépeint n’est pas la sienne et ça me choque, parce qu’on dirait qu’il cherche à avoir la pitié des gens », a-t-elle vivement dénoncé, en entrevue avec Le Journal.

L’intervenante sociale dans la réserve de Uashat-Maliotenam assure que l’enfance de son cousin est loin d’avoir été difficile et qu’il n’a jamais eu à se nourrir dans les poubelles pour survivre.

« L’épisode des vidanges, c’est un trip de bouffe à 3 h du matin avec un de ses chums. Ils sont passés à côté d’une benne de Tim Horton. Rendu à 20 ans, c’est un choix que tu fais là. Si tu mets tes priorités à t’acheter ton once de pot et que ton pot te donne un trip de bouffe... tu ne vas pas raconter ça pour faire pitié », a martelé Mme Morissette.

Cette dernière n’a que de bons mots pour la mère du député qu’elle qualifie comme « sa mentore qui lui a tout appris ». Pour ce qui est du père du député, bien qu’elle admette qu’il s’agisse d’un artiste marginal, en aucun temps il n’aurait été, ou ne serait alcoolique.

Le député nuance, mais maintient les faits

Jonathan Genest-Jourdain regrette la manière dont son histoire a été relatée dans l’article du Droit-Inc. Il maintient toutefois les faits. « Les faits qui sont indiqués dans cet article-là, il y a de la vérité, mais la trame historique... ça a été amalgamé, on ne peut pas mettre ça en quelques paragraphes. Je ne m’attendais pas à ce résultat », a-t-il indiqué au Journal.

Ce qu'ils ont dit

« Au lieu de rendre hommage à ses parents... aujourd’hui, il est rendu où il est possiblement parce qu’il a eu une éducation. Lui, non. Il dit qu’il s’est créé tout seul, qu’il a tout fait tout seul. Il est un peu déraillé. »

— Edith Morissette, cousine du député Jonathan Genest-Jourdain

« Mon oncle est reconnu à Sept-Îles parce qu’il est un peu marginal, coloré comme personnage. Mais c’est quelqu’un qui est très sain d’esprit. Il est allé au Late Show de David Letterman, il a fait le tour du monde avec ses œuvres et sa voix. »

— Edith Morissette

« Cette période-là de ma vie, tout s’est écroulé et je me suis ramassé dépourvu de moyens et j’ai pris les moyens du bord. Il fallait que j’aille manger à gauche et à droite chez du monde. Je ne pouvais pas toujours faire ça. La poubelle Tim Horton, ce n’est pas la fin du monde, c’est des beignes pas saveur, pis ce n’était pas si pire que ça. Je perçais les sacs comme un raton-laveur, pis je mangeais le soir dans les poubelles. »

— Jonathan Genest-Jourdain à propos de l’époque où il menait des études collégiales

 

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