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Le Mirage incite au viol?

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L’autre jour, je vous conseillais d’aller voir Le Mirage, le film de Ricardo Trogi et Louis Morissette.

L’autre jour, je vous conseillais d’aller voir Le Mirage, le film de Ricardo Trogi et Louis Morissette.

Eh bien, paraîtrait que c’est une mauvaise idée.

Paraîtrait que je devrais plutôt vous décourager d’aller le voir.

Pourquoi?

Parce que paraîtrait que cette comédie fait l’éloge du viol.

VOIR DES VIOLS PARTOUT

Qui a dit ça?

Martine Delvaux, écrivaine et professeure à l’UQÀM (quelle surprise, je ne l’aurais jamais deviné...).

« Le moment où Lupien (le personnage interprété par Louis Morissette) “ baise ” une jeune employée est à glacer le sang », a-t-elle écrit dans une lettre ouverte publiée dans La Presse.

« On dira que la jeune employée a cherché à le séduire. Mais ce qu’on oubliera de pointer, c’est la manière dont le héros renverse la jeune femme pour la prendre par-derrière en écrasant bien son visage contre la fenêtre de la chambre. »

« Trogi ne fait pas l’impasse sur la violence des gestes; il la montre clairement. »

« Le film est arrivé en salle en même temps que le défenseur du viol et masculiniste Roosh V à Montréal, et peu après qu’Action Bronson, artiste dont l’œuvre est cousue de propos misogynes, eut annulé sa présence à Osheaga. C’est une coïncidence des plus parlantes. »

De kessé?

Le film de Trogi-Morissette ferait l’apologie du viol? Il serait à mettre au même rang que les propos de Roosh V et Action Bronson?

Pincez-moi quelqu’un, j’hallucine.

C’est bien beau, vouloir dénoncer la culture du viol (et il faut le faire), mais il ne faut pas devenir complètement parano et voir des agressions là où il n’y en a pas.

WHAM BAM THANK YOU MAM !

Connaissez-vous la GBS, madame Delvaux?

Pas le Gros Bon sens, non.

La Grosse Baise Sale.

T’sé, la grosse séance de cul entre deux personnes consentantes.

Bing bang sur la porte de la chambre à coucher, bing bang sur « la pantry », bing bang les fesses dans le lavabo comme Glenn Close dans Fatal Attraction ou le cul dans la farine comme Jessica Lange dans The Postman Always Rings Twice.

Vous n’avez jamais connu ça?

T’arraches la p’tite culotte, tu déchires les bas de nylon, tu ne prends pas le temps de déboutonner la blouse, viens que je te prenne, en avant, en arrière...

Dix minutes pis c’est fini, les deux corps retombent, haletant et repus, sur le tapis orange et brun du motel...

Vraiment? Vous n’avez jamais vécu une telle expérience ENTRE DEUX ADULTES CONSENTANTS, débordants de désir, comme un ballon sur le point d’exploser?

J’en suis désolé.

LA POLICE DU CUL

Pour vous, la seule relation sexuelle acceptable est « minouche minouche » pendant deux heures après une folle nuit à boire du thé vert?

Dans le lit conjugal, le samedi soir quand il n’y a pas de hockey?

Ayoye... Bonjour le fun...

Ce que Trogi montre, dans la scène où Lupien baise son employée, c’est justement... une baise.

Pas un coït. Pas une relation. Pas une étreinte amoureuse, avec de la musique de yoga en arrière-fond.

Mais une grosse baise sale.

ENTRE DEUX ADULTES CONSENTANTS.

Cibole, va-t-on bientôt policer les fantasmes des hommes et des femmes?

 

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