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Les pères aussi sensibles au diabète de grossesse

Le risque de développer ce mal serait partagé par les conjoints en raison de mauvaises habitudes de vie

Kaberi Dasgupta
Photo Courtoisie La Dre Kaberi Dasgupta du CUSM a découvert que les conjoints de femmes souffrant de diabète gestationnel sont plus à risque d’être atteints de ce mal.

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Les futurs papas dont la conjointe souffre de diabète pendant la grossesse sont eux-mêmes plus à risque de souffrir de la maladie dans les années qui suivent la naissance de leur chérubin, d’après une découverte montréalaise.

«Nous avons observé que le risque d’avoir du diabète était 33 % plus élevé chez les hommes dont la conjointe avait fait du diabète gestationnel que chez ceux dont la conjointe n’en avait pas fait», indique la Dre Kaberi Dasgupta, endocrinologue au CUSM et professeure à l’Université McGill.

Pour parvenir à ce résultat, son équipe a passé au peigne fin des bases de données de la Régie de l’assurance maladie et de l’Institut de la statistique du Québec de 1999 à 2007.

Au Québec, 6 % des femmes enceintes souffrent de diabète gestationnel et ce taux atteint 20 % dans certaines communautés.

Mauvaises habitudes de vie

Avant l’équipe du CUSM, jamais des chercheurs ne s’étaient penchés sur le cas des pères.

Jusqu’à présent, les médecins concentraient leurs efforts sur les mères, sachant que celles qui avaient souffert de diabète gestationnel étaient à risque de développer le diabète de type 2 après l’accouchement.

Le partage du risque au sein des couples démontré par l’équipe du CUSM serait dû au fait que les conjoints ont tendance à partager les comportements à risque, comme les mauvaises habitudes alimentaires et la sédentarité, explique la Dre Dasgupta.

«Les couples partagent les risques d’obésité», souligne la chercheuse.

Les conjoints de diabétiques, tous sexes confondus, sont ainsi deux fois plus à risque que la moyenne d’être eux-mêmes malades.

Grossesse sympathique

Une grossesse sympathique ne serait donc pas à prendre à la légère.

Considéré comme étant psychosomatique, ce phénomène se manifeste chez les futurs papas par une prise de poids pendant la grossesse, voire par des nausées et des changements hormonaux.

Aux États-Unis, entre 25 et 52 % des futurs pères souffriraient de ce syndrome de la couvade, selon une étude menée par une équipe du St George’s Hospital de Londres.

En Suède, le taux serait de 20 %, tandis qu’il serait de 61 % en Thaïlande et de 68 % en Chine.

Prévention familiale

Dans ce contexte, la découverte de l’équipe montréalaise est un nouveau signal que les efforts de prévention du diabète doivent viser les familles et non pas uniquement les individus.

«Lorsque la mère reçoit un diagnostic, il faut prendre en charge les deux pour diminuer le risque pour le couple et leurs enfants», insiste la Dre Dasgupta.