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Sables bitumineux : Tom n'est pas Jack

Jack Layton et Thomas Mulcair ont joint leurs voix aux opposants au projet de loi 103 et demandent que les 
immigrants au Québec soient obligés d'aller à l'école française.
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Jack Layton, 2008.

Dans toute cette controverse entourant la position que défend Thomas Mulcair concernant le projet de pipeline Énergie Est, un fait m’est revenu en tête :

En 2008, en pleine campagne électorale, Jack Layton a plaidé pour un moratoire sur tous les nouveaux projets d’exploitation pétrolière des sables bitumineux.*

C’était même sa PREMIÈRE déclaration de la campagne de 2008!

Il avait d’ailleurs fait cette déclaration juste après avoir survolé le nord de Fort McMurray.

Bien que M. Layton ne souhaitait pas stopper l’exploitation déjà en cours, il plaidait en faveur d’un moratoire sur toute approbation de nouveaux projets pour des raisons environnementales évidentes.

Thomas Mulcair, 2015.

Sept ans plus tard, alors que la crise environnementale va s’aggravant, M. Mulcair vient aujourd’hui vanter l’intérêt économique ET de sécurité du projet Énergie Est.

Il omet cependant de dire que :

En matière économique :

— L’intérêt économique de ce projet se situe principalement en Alberta, comme l’a très justement souligné le rapport rendu public hier par la Commission de l’énergie de l’Ontario. Selon ce rapport, il représente peu d’intérêt économique, mais des risques réels pour les Ontariens.**

— Lorsque Thomas Mulcair parle de l’intérêt économique du raffinage du pétrole au Canada, il pourrait aussi souligner l’intérêt économique pour l’Alberta d’exploiter plus de pétrole.

— Cela peut évidemment aussi représenter un désavantage économique pour les provinces manufacturières telles que le Québec et l’Ontario, comme l’a très justement souligné le rapport ontarien.

En matière environnementale :

— Approuver le projet Énergie Est signifie aussi approuver une augmentation de l’exploitation du pétrole des sables bitumineux. On parle tout de même ici d’un projet de transport de pétrole de 1,1 million de barils de pétrole par jour!

— En approuvant une augmentation de l’exploitation des sables bitumineux, il approuve donc une augmentation importante des émissions polluantes et de GES du Canada. Donc, toute la rhétorique de M. Mulcair affirmant qu’il est possible d’aller de l’avant avec ce pipeline en respectant le développement durable ne tient pas debout.

En matière de sécurité :

— Contrairement à ce que lui et Philippe Couillard prétendent, la construction du pipeline ne mettra pas fin au transport par train. Ce n’est pas l’un ou l’autre, mais l’un ET l’autre.***

Les projets prévus par l’industrie pétrolière feraient passer l’exploitation de pétrole de 2,5 millions de barils en 2013 à 9,2 millions de barils PAR JOUR d’ici 2030. Donc, le pipeline ne suffira clairement pas.

Contrairement à Jack qui a courageusement plaidé en 2008 pour un moratoire sur tout nouveau projet d’exploitation de pétrole issu des sables bitumineux, la position prise par Tom en faveur d’Énergie Est représente de facto un appui à une augmentation de cette exploitation.

Il est donc clair que lorsqu’il est question d’environnement,

Tom n’est pas Jack.

*https://www.ctvnews.ca/layton-calls-for-halt-to-tar-sands-approvals-1.322544

**https://www.ontarioenergyboard.ca/html/oebenergyeast/documents/report_to_minister/energyeast_report_to_minister_FR.pdf

*** https://iris-recherche.qc.ca/blogue/oleoduc-versus-train-un-faux-debat