/news/society
Navigation

Au rodéo du Stadium Delorimier

27 juillet 1946

Coup d'oeil sur cet article

 

Avant Après
photo courtoisie Conrad Poirier, BAnQ P48,S1,P12751
Photo Le Journal de Montréal, Chantal Poirier

 

Comme au Stampede !

photo courtoisie Conrad Poirier, BAnQ P48,S1,P12751

Pas besoin d’aller au Stampede de Calgary pour voir un rodéo! Après le Forum, en 1944 et 1945, le rodéo de la troupe Wild West prend place au stade Delorimier en 1946. Le spectacle promet d’être hautement bigarré: rodéo avec la participation du public, derby de démolition et performances de l’acrobate de voltige Malikova et... du chanteur français Charles Trenet. Pour l’occasion, 46 chevaux sauvages sont amenés à Montréal pour être domptés par des cowboys en quête de gloire, comme celui du cliché. On promet 1000 $ au spectateur qui tiendra 10 secondes sur le taureau sauvage Brahma Big Sid. Ce rodéo a tout pour plaire aux Montréalais qui sont, depuis longtemps, passionnés des chevaux. Jadis, les foules se pressaient aux courses de chevaux des hippodromes de Dorval, de Richelieu, du Blue Bonnets, du Mount Royal, du King’s Park et du parc De Lorimier, ces témoins du passé équestre montréalais maintenant tous disparus.

 

De tout pour tous au Stadium Delorimier

photo courtoisie Conrad Poirier, BAnQ P48,S1,P12751

Construit au coin des rues Ontario et De Lorimier en 1928, ce stade est bien connu pour être celui de la renommée équipe de baseball les Royaux, le club-école des Dodgers de Brooklyn. Mais le stade n’était pas seulement un terrain de baseball. Avec ses 25 000 places, le Stadium pouvait accueillir des événements d’envergure. Abondent dans les journaux d’époque les publicités annonçant les spectacles en plein air d’orchestres de musique classique, de ténors à la mode, de cirque, de galas de lutte, de matchs de football des Alouettes et de compétitions d’athlétisme. Le stade Delorimier est démoli en 1965 et laisse place à la polyvalente Pierre Dupuy en 1971. À quelques pas de l’école, le parc des Royaux et un monument nous rappellent l’existence du stade et de la populaire équipe de baseball, grande favorite des Montréalais de 1928 à 1960.

 

La Grover, Knit-to-Fit, usine de textile

photo courtoisie Conrad Poirier, BAnQ P48,S1,P12751

Bien visibles derrière les tableaux de pointage, les murs de la Grover font presque partie du stade. Les balles des circuits vont y rebondir malgré la clôture portant une publicité des cigarettes Sweet Caporal. Située dans le quartier ouvrier Sainte-Marie, l’usine a été érigée en 1923 par l’industriel Hyman Grover. Ses travailleurs filent la laine et tissent chapeaux, foulards et chandails. En 1944, Hyman Grover achète la Regent Knitting Mills de Saint-Jérôme. Fermée par son fils Marvin en 1974, l’usine est reprise par ses ex-employé(e)s qui fondent la société populaire Tricofil, un rare exemple québécois d’autogestion ouvrière qui prend fin en 1982. La Grover ferme à son tour en 1993, vaincue par la féroce concurrence internationale. Reconvertie en espace locatif, l’usine accueille des ateliers d’artistes, en faisant l’un des plus importants pôles culturels de l’Est montréalais.