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Un contrat à 300 $ l’heure

Une firme de communications se penche sur l’image médiatique du recteur Denis Brière

DM campus laval-01
Photo Journal de Québec, Daniel Mallard La direction des communications de l’Université Laval a expliqué que ce contrat a été octroyé « afin de fournir des conseils de nature stratégique, en complémentarité avec ceux fournis par les ressources internes » de l’établissement.

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L’Université Laval a accordé un contrat de gré à gré au cabinet de relations publiques National prévoyant des conseils au recteur Denis Brière sur «toutes questions à impact médiatique» à un tarif de 300 $ l’heure.

Le contrat d’un an, que Le Journal a pu consulter par une demande d’accès à l’information, est d’une valeur maximale de 99 600 $. L’Université aura toutefois recours aux services de la firme selon ses besoins et n’est pas tenue de dépenser la totalité de ce montant.

Ce n’est pas la première fois que le cabinet du recteur a recours aux services de National, apprend-on dans d’autres documents obtenus.

L’administration justifie d’ailleurs l’octroi d’un contrat sans appel d’offres en indiquant que le recteur «désire poursuivre cette relation d’affaires» puisqu’il a été «satisfait des services rendus».

Services complémentaires

Dans un courriel, la direction des communications explique que ce contrat a été octroyé «afin de fournir des conseils de nature stratégique, en complémentarité avec ceux fournis par les ressources internes» de l’Université. L’établissement emploie deux conseillers en relation avec les médias et deux conseillères en communication, selon son site internet.

«Même en période de compressions, l’Université Laval doit avoir recours à des services-conseils externes dans divers domaines d’expertise spécialisés, notamment en finances, en ingénierie, en droit ainsi qu’en communication. Cette façon de faire permet, sur le plan de la gestion des risques, de minimiser ces derniers pour l’établissement, tout en assurant un partage et une validation d’expertises avec les ressources internes de l’Université», ajoute-t-on.

L’établissement universitaire avait d’abord refusé de répondre aux questions du Journal à ce sujet avant que nous obtenions le contrat.

Dans la tourmente

L’Université Laval s’est récemment retrouvée dans la tourmente à la suite de la bonification des conditions de rémunération d’après-mandat de ses hauts diri­geants. La décision, qui a été prise à la fin de l’an dernier par le conseil d’administration, a refait surface au cours des derniers mois. Le ministre de l’Enseignement supérieur, François Blais, a menacé l’Université Laval de sanctions financières si la décision n’est pas annulée.

Au début juin, des négociations entre Québec et l’Université Laval concernant les compressions s’étaient transformées en bras de fer, alors que la haute direction de l’établissement avait publiquement accusé le ministre Blais de mettre en péril 150 emplois sur le campus.

Les compressions imposées à l’Université Laval pour l’année 2015-2016, qui étaient d’abord évaluées à 58 millions $, ont été récemment réduites de 11 millions $ grâce à un assouplissement dans les règles budgétaires des universités.

Ce qu’il faut savoir

Contrat entre l’Université Laval et National
 
Le mandat

Services professionnels auprès du recteur, soutien et conseils pour toutes questions à impact médiatique.

La rémunération

Le taux horaire est de 300 $.

Le coût total ne pourra excéder la somme de 99 600 $. L’Université Laval aura recours aux services de la firme selon ses besoins et ne s’engage pas à dépenser la totalité de ce montant.

La durée

Du 1er mai 2015 au 30 avril 2016