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Test de pipeline moins sévère que prévu

Patrick Bonin, Greenpeace.
Photo d'archives Patrick Bonin, Greenpeace.

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Enbridge mettra à l’épreuve son pipeline moins sévèrement que prévu à Mirabel samedi, à la grande inquiétude des riverains.

«Il est clair que ce changement n’est en rien motivé par un souci de sécurité, mais par convenance pour l’exploitant. Pire, il vide le test de sa substance», dénonce Lorraine Caron, porte-parole du regroupement Les Citoyens au Courant.

Enbridge souhaite inverser le flux à l’intérieur de la ligne 9B de son oléoduc afin de transporter du pétrole de l’ouest vers l’est. Pour accorder son feu vert l’Office nationale de l’énergie (ONÉ) a exigé en juin que l’entreprise soumette trois portions de la conduite à un test hydrostatique.

Ceci consiste à injecter de l’eau à haute pression dans le tuyau pour vérifier qu’il ne fuit pas.

Mais le mois dernier, la compagnie a convaincu l’ONÉ d’injecter de l’eau à une pression moindre que prévu ce qui ne permettra d’évaluer sa durée de vie que sur une courte période, craint Mme Caron.

Recul inquiétant

«Une telle modification constitue un recul marqué de l’ONÉ du point de vue de la sécurité», s’inquiète l’expert

Richard Kuperwicz qui siège au département des Transports américain et préside la firme Accufacts.

M. Kuperwicz prévient que l’assouplissement consenti se calque sur des méthodes qui se sont révélées inefficaces aux États-Unis puisqu’elles n’ont pas permis de prévenir plusieurs ruptures de pipelines.

«Les risques sont majeurs, mais Enbridge tente d’en faire le moins possible en matière de sécurité et l’ONÉ lui donne sa bénédiction», déplore Patrick Bonin, de Greenpeace.

L’écologiste réclame que «les tests hydrostatiques les plus exigeants soient effectués sur tout le tracé du pipeline, pas juste à Mirabel».

Citoyens relogés

Interrogé par Le Journal, le porte-parole d’Enbridge, Ken Hall, n’a pas su expliquer pourquoi son entreprise avait demandé un test moins sévère que prévu.

Il assure que l’examen qui sera mené toute la journée samedi permettra d’assurer la sécurité du pipeline et est sans danger pour les riverains. Enbridge a néanmoins offert de loger à l’hôtel les habitants de 76 maisons situées dans un rayon de 30 mètres de la structure, pendant la nuit de vendredi à samedi et celle de samedi à dimanche. Moins d’une dizaine de personnes se sont prévalues de l’offre jusqu’à présent, a spécifié M. Hall.