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Alerte (encore) à la liberté d’expression

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En plein mois d’août, quand tout le monde est occupé à en faire le moins possible, de vaillants députés et une ministre se réunissent au Salon rouge pour débattre en commission parlementaire du projet de loi du gouvernement du Québec sur les discours haineux et les discours incitant à la violence, le projet de loi 59.

En plein mois d’août, quand tout le monde est occupé à en faire le moins possible, de vaillants députés et une ministre se réunissent au Salon rouge pour débattre en commission parlementaire du projet de loi du gouvernement du Québec sur les discours haineux et les discours incitant à la violence, le projet de loi 59.

Êtes-vous excités?

Si vous vous attendiez à un projet de loi contre la radicalisation islamiste, ce dont le Québec a besoin, passez votre chemin, y’a rien à voir. Les mots «islamisme» et «radicalisation» n’apparaissent même pas dans le projet de loi.

Haine ou dissidence ?

Nous sommes ici sur le parvis d’un temple érigé à la rectitude politique en train d’assister à une tentative, par de hauts fonctionnaires, de provoquer un changement majeur d’acceptabilité sociale sans passer par les élus. Comme à la Cour suprême.

Le projet de loi 59 vise à sanctionner tout propos haineux qui incite à la violence contre les musulmans, les catholiques, les gais, les handicapés, les transgenres, les juifs, les roux, etc. en tant que groupes.

Mais comment faire la différence entre la haine et la dissidence? Un groupe pro-vie qui manifeste contre l’avortement est-il haineux? Que dire d’un journal, ou d’un site web réputé pour ses dénonciations de dérives islamistes? Pourrait-on rendre illégal de publier une caricature jugée «blasphématoire » de Mahomet? Que penser de l’Église catholique qui prêche que l’homosexualité est interdite par la Bible? Au cachot, tous?

«Le but est de sanctionner un discours qui n’est pas acceptable,» a dit la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée en commission parlementaire hier. Acceptable pour qui? Selon quels critères? Aux yeux d’Adil Charkaoui, certains chroniqueurs du Journal sont de dangereux islamophobes. Il voudra démontrer pourquoi, en Islam, notre discours n’est pas acceptable.

Ces gens-là ne rêvent que du jour ou ils pourront museler pour de bon les critiques de l’islam par des lois ou par les armes, comme en France.

Droits de la personne ?

Étonnamment, vu sa nature liberticide, le projet de loi 59 émane de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse (CDPDJ), qui sera responsable de son application.

Son président, Me Jacques Frémont croit qu’il y a un courant islamophobique au Québec, que la majorité «n’a pas le début du commencement de ce qu’est la religion musulmane, ses valeurs, ses pratiques...» Il envisage de poursuivre des sites internet et des pages Facebook qu’il juge anti-musulmans, où l’on critique l’islam un peu trop fort à son goût.

Me Frémont s’est inspiré de résolutions procensure présentées à l’ONU par l’Organisation de la coopération islamique, qui regroupe 57 pays musulmans, pour lancer l’idée de ce projet de loi.

Que souhaite-t-on faire avec un tel arsenal de contrôle de la pensée alors qu’il existe déjà une loi fédérale contre les discours haineux et l’incitation à la haine? Donner l’impression qu’on s’active au Québec? Modérer les ardeurs du lobby musulman autoproclamé qui se roule dans la victimisation à chaque occasion? Celui-là même qui a convaincu le premier ministre que c’est l’islamophobie qui engendre le djihad...

Vouloir limiter par la peur d’être poursuivi la liberté d’expression en cette période de questionnements difficiles, m’inquiète au plus haut point.

C’est quand les propos dérangent que la liberté d’expression est d’importance capitale.

 

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