/news/currentevents
Navigation

Des centaines de fonctionnaires identifiés sur Ashley Madison

Ils auraient utilisé leur courriel de travail pour s’inscrire sur le site pour infidèles

Homepage of Ashley Madison website displayed on iPad, in photo illustration taken in Ottawa
Photo d'archives, Reuters

Coup d'oeil sur cet article

Des centaines de fonctionnaires des gouvernements du Québec et du Canada pourraient se retrouver dans l’embarras après avoir utilisé leur adresse courriel de travail pour s’inscrire sur le site de rencontres extraconjugales Ashley Madison.
 
Le groupe crypto.québec, un organisme spécialisé en informatique, a dévoilé mercredi que les noms et coordonnées de centaines de fonctionnaires du gouvernement, mais aussi des Forces armées canadiennes et de la Ville de Montréal, ont été identifiés comme usagers du site Ashley Madison. Aucun fonctionnaire du côté de Québec, Laval et Longueuil n'a été répertorié.
 
En juillet, des pirates informatiques connus sous le nom de «The Impact Team» ont volé les données de quelque 32 millions d’utilisateurs du site spécialisé en adultère, pour ensuite les publier sur le dark web mardi. 
 
«Tout est là: des numéros de carte de crédit, les courriels complets, les noms, etc. On peut même savoir dans quel “département” travaillent les fonctionnaires», affirme le cofondateur de crypto.québec, Jean-Philippe Décarie-Mathieu. 
 
Crypto.québec ne compte pas publier les noms des fonctionnaires. «Mais c’est accessible pour n’importe qui ayant des connaissances en informatique», rappelle M. Décarie-Mathieu.
 
Montréal sur le qui-vive
 
La Ville de Montréal assure que ses employés n’ont pas accès à ce site. Mais l’attachée de presse du maire, Catherine Maurice, a indiqué que le contrôleur général de la Ville pourrait se saisir du dossier si les informations sont «fiables». 
 
À Québec, l’attachée de presse de Martin Coiteux, président du Conseil du trésor, a affirmé que «les adresses courriel du gouvernement sont des biens de l’État [...] et doivent être utilisées à bon escient en lien avec leurs fonctions. Si tel n'est pas le cas, cela n'est pas acceptable.»
 
Pas illégal
 
Au moment de publier ces lignes, le premier ministre Stephen Harper n’avait pas encore réagi, tandis que le Secrétariat fédéral du Conseil du Trésor a affirmé que ses fonctionnaires étaient assujettis à une politique sur l’utilisation du web. 
 
Recourir à un site de rencontres extraconjugales est «immoral, mais pas illégal», souligne Jean-Michel Vanasse, animateur à l’émission Planète techno.
 
«Après, ça dépend de la politique de chaque entreprise. Probablement que les usagers ont pensé qu’ils réduiraient le risque de se faire prendre en utilisant leur courriel du travail. Mais le risque était là», dit-il. 
 
Le FBI a confimé mercredi qu'il enquêtait sur le piratage du site, mais n'a voulu fournir aucun détail supplémentaire.

Les fonctionnaires visés

  • 647 adresses courriel liées au gouvernement du Canada (gc.ca)
  • 17 au gouvernement du Québec (gouv.qc.ca)
  • 50 au parlement à Ottawa (parl.gc.ca)
  • 170 aux Forces armées canadiennes (forces.gc.ca)
  • 2 à la Ville de Montréal (ville.montreal.qc.ca)
  • AUCUNE pour les villes de Québec, Longueuil et Laval
Source: crypto.québec