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(VIDÉO) Vol dans des commerces: Quand Facebook joue à l'enquêteur

Un concessionnaire de Sainte-Marie-de-Beauce diffuse la photo de ces individus sur sa page Facebook, car on croit qu'ils pourraient avoir été mêlés au vol d'une camionnette survenu le 10 août dernier.
Facebook Un concessionnaire de Sainte-Marie-de-Beauce diffuse la photo de ces individus sur sa page Facebook, car on croit qu'ils pourraient avoir été mêlés au vol d'une camionnette survenu le 10 août dernier.

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La publication par des commerçants d’images de caméras de surveillance dans les médias sociaux pour retrouver des voleurs, comme plusieurs l’ont fait ces dernières semaines, aide les policiers la plupart du temps, mais attention, cela peut aussi nuire à l’enquête.

Des voleurs dans un chalet à La Tuque, des clients qui partent sans payer à Rivière-du-Loup, un cendrier volé chez Latulippe à Lévis... De plus en plus d’initiatives du genre sont relayées dans les médias traditionnels et sociaux.

Encore mercredi, un concessionnaire de Sainte-Marie-de-Beauce demande l’aide de ses amis Facebook pour retrouver les trois voleurs d’une camionnette de 75 000$. Dans la vidéo, on voit des individus rôder autour, puis monter à bord du GMC Sierra. Plus loin, des plans rapprochés captés à une station-service permettent de distinguer assez clairement les visages de trois personnes, deux hommes et une femme.

 

PERSONNES À IDENTIFIER…Dans la soirée du lundi 10 août à 22h25 à Sainte-Marie de Beauce, nous nous sommes fait voler un...

Posted by Drouin et Frères Inc. on 18 août 2015

Avec la permission des policiers, le concessionnaire Drouin et Frères a publié ce montage d’images vidéo qui a été partagé des milliers de fois. Quelques heures seulement après la publication, l’enquêteur au dossier à la police de Sainte-Marie, Martin Poulin, affirme qu’il a reçu des informations qui pourraient faire progresser l’enquête.

La publication de vidéos du genre, «ça fonctionne plus souvent que ça ne fonctionne pas. À date, je vois ça d’un côté positif», dit-il en citant, par exemple, un vol à l’étalage résolu et un portefeuille retrouvé.

«Succès quasi instantané»

«Chaque fois qu’on a mis des bandes vidéo, ç’a été un succès quasi instantané», confirme le chef de police Guy Cliche, dont les enquêteurs doivent travailler de plus en plus souvent avec ces initiatives.

M. Cliche constate ces jours-ci un «effet d’entraînement» chez les commerçants qui publient eux-mêmes les images lorsqu’ils sont victimes de vol. Cela s’explique en partie par une amélioration notable et récente des systèmes de caméras. «À un coût minime, les gens ont vraiment de la qualité.»

Pas si vite

Mais les policiers, eux, ne peuvent pas appuyer sur «publier» aussi vite que les commerçants. «Ç’a des bienfaits, mais à certaines occasions, ça peut contaminer des témoins ou nuire à l’enquête», explique M. Cliche. Parfois, les policiers vont préférer s’abstenir de publier des images pour protéger des éléments de preuve. Ils doivent aussi agir en conformité avec la déontologie policière et les chartes de droits.

Il leur faudra par ailleurs un degré de certitude plus grand avant d’aller de l’avant pour éviter qu’une personne identifiée ne soit «crucifiée publiquement» si elle est innocentée ou jamais accusée, puisqu’on lui causerait un préjudice inacceptable.

Mieux vaut collaborer

M. Cliche a déjà vu des vidéos publiées sur Facebook avant même qu’une plainte ne soit faite à la police. La porte-parole Marie-Ève Painchaud du Service de police de la Ville de Québec conseille aux victimes de délits criminels de contacter les policiers sans attendre pour qu’une enquête soit amorcée rapidement. Les enquêteurs pourront peut-être faire des regroupements dans plusieurs dossiers.

Quant aux images des caméras de surveillance, «on ne peut pas empêcher les gens de les diffuser eux-mêmes, mais on recommande de le faire en collaboration avec les policiers pour ne pas nuire à l’enquête et au processus judiciaire», souligne Mme Painchaud.

Elle recommande aussi la plus grande prudence, puisqu’il n’est pas impossible qu’en publiant ces images, les gens s’exposent à des représailles de la part des suspects. «Ils ne savent pas à qui ils ont affaire.»