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Greta Gerwig et Noah Baumbach à fond la caisse

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Après Frances Ha, voici que le tandem formé du réalisateur Noah Baumbach et de l’actrice Greta Gerwig récidive. Et Mistress America a peut-être l’air d’une comédie échevelée, mais le tout a été soigneusement écrit et réalisé.

«Nous venions tout juste de terminer Frances Ha et nous savions, avec Noah, que nous voulions retravailler ensemble. Et, quand le personnage de Brooke est né, nous aimions ce qu’elle avait à dire», a indiqué Greta Gerwig lors d’une ­rencontre avec les journalistes qui s’est tenue la semaine dernière à New York.

«J’adore travailler avec Noah. Nous avons la même vision du film [sur lequel nous travaillons], nous ne nous disputons pas, nous voyons les personnages de la même manière, un peu comme si nous portions les mêmes lunettes. Dans le ­processus, nous passons énormément de temps à parler, à comparer nos influences cinématographiques respectives, à échanger sur les gens que nous connaissons, les livres que nous aimons, etc., et, le temps du film, nous vivons tous les deux dans le même monde», a ajouté l’actrice de 32 ans, qui est également productrice de Mistress America.

Le long métrage suit Tracy (Lola Kirke), jeune étudiante à New York dont la vie ne ressemble pas tout à fait à ce qu’elle attendait. Ses cours l’ennuient et le mec avec lequel elle aimerait sortir, Tony (Matthew Shear) a déjà une copine, Nicolette (Jasmine Cephas-Jones), extrêmement jalouse.

Mélange détonnant

Quand la mère de Tracy lui annonce que son futur mari a une fille, Brooke (Greta Gerwig) d’une trentaine d’années, elle entre en contact avec elle. Et elle s’avère fascinante. Elle vit à fond, fréquente des gens tous plus intéressants les uns que les autres... et en veut toujours à Mamie Claire (Heather Lind), son ancienne meilleure amie, qui lui a volé son fiancé Dylan (Michael Chernus)... et ses deux chats!

«Brooke, c’est l’idéalisation du fait de réussir à New York, ce que je comprends parfaitement d’ailleurs, a détaillé la comédienne. Elle est un mélange de tellement de choses! Elle est ambitieuse, mais ne possède aucune habileté particulière, elle est très gentille, mais aussi très ­méchante parfois, elle est un mélange ­détonnant de contradictions. Et elle ­possède également un brin de folie, trait de caractère que j’aime ­toujours jouer.»

Une comédie, surtout quand elle inclut des ­éléments de comique physique, est d’abord et avant tout un travail de précision, tant au niveau des dialogues que du ­positionnement des ­acteurs.

Minutieusement chorégraphié

Le réalisateur et coscénariste Noah Baumbach a détaillé la démarche, de l’écriture de Mistress America au tournage avec plusieurs acteurs. «Quand on écrit, surtout avec quelqu’un d’autre, le processus est presque de l’improvisation puisqu’on invente au fur et à mesure. On passe son temps à réécrire les scènes.»

«Dès le départ, le ton du film – comme le personnage de Brooke, d’ailleurs – était une comédie dans laquelle nous avions placé la barre plus haut que d’habitude. Donc, nous sommes restés fidèles à cela, qu’il s’agisse des dialogues, des ­mouvements de la caméra ou encore des déplacements des acteurs.»

«Les dialogues devaient donc être ­extrêmement précis, tout devant être ­minutieusement chorégraphié. [...] Je voulais que les acteurs conservent leur voix, même en incarnant des personnages, tout comme je souhaitais garder les mouvements. C’est pour cette raison que j’ai privilégié les plans-séquences, afin que les acteurs bougent en temps réel, ce qui ajoute du rythme au long ­métrage», a-t-il ajouté.

«Cela rappelle d’ailleurs les comédies des années 1930 ou 1940, dans lesquelles les acteurs ont un débit de paroles complètement irréaliste. Tout va extrêmement vite et, pour le spectateur, cela donne un sens supplémentaire d’un certain réalisme.»

  • Mistress America déboule dans les salles obscures le 28 août.