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L’épreuve «la plus difficile de ma vie»

Pierre Lavoie réalise son rêve de jeunesse et réussit la traversée du lac Saint-Jean à la nage

Pierre Lavoie a reçu l’accolade de ses proches à son arrivée à la place de la Traversée de Roberval, 9 h 10 min après être parti de Péribonka.
PHOTO JONATHAN HUDON Pierre Lavoie a reçu l’accolade de ses proches à son arrivée à la place de la Traversée de Roberval, 9 h 10 min après être parti de Péribonka.

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Pierre Lavoie est un homme de défis et il l’a prouvé une fois de plus hier, lorsqu’il a complété la traversée du lac Saint-Jean à la nage en un peu plus de neuf heures.

Arrivé à Roberval complètement exténué et enflé après tout ce temps dans l’eau, l’homme de fer a été accueilli par ses proches et de nombreux spectateurs à la place de la Traversée.

«C’est la chose la plus difficile que j’ai faite de toute ma vie», a-t-il lancé quelques instants après sa sortie de l’eau, fier d’avoir enfin réalisé son rêve de «ti-cul». «Je l’ai dit et je le redis, l’entraînement a été dur, mais la traversée l’a été encore plus. Nager 20 km, ça va, mais dans les 10 derniers... J’avais l’impression de ne jamais arriver. Ç’a été pénible, mais j’ai essayé de changer ma technique de nage pour être capable d’avancer sans trop dépérir.»

Derniers kilomètres éprouvants

Pierre Lavoie a connu un très bon départ, mais il a éprouvé des difficultés après environ 10 km de nage. Il a notamment avalé de l’eau en raison des vagues, ce qui l’a fait vomir.

Mais c’est surtout dans les cinq derniers kilomètres que les choses se sont corsées. Le triathlonien a avoué avoir frappé un mur, étant littéralement à court d’énergie.

«Je me sens pas mal mieux sur terre, a-t-il lancé en riant. Quand tu te sens “explosé”, c’est tellement difficile de nager. À vélo, tu peux continuer et t’accrocher, mais dans l’eau, tu es seul contre toi-même. C’est un sport difficile, mais je ne pensais pas frapper un mur. La dernière fois que ça m’était arrivé, c’était peut-être il y a 20 ans.»

Du respect

Après avoir relevé non sans peine ce nouveau défi, le fondateur du Grand Défi qui porte son nom a tenu à rendre hommage aux nageurs qui participent à la Traversée internationale du lac Saint-Jean depuis maintenant 61 ans.

«Ç’a été long et difficile, mais très valorisant. Je vais sortir grandi de cette expérience, c’est certain. Cela dit, j’ai beaucoup de respect pour les nageurs de longue distance. J’ai toujours su que c’étaient des super athlètes et je le réalise encore plus.»

 

Un Grand défi à 1000 nageurs évoqué

 

Présent à Roberval avant tout pour encourager son grand ami, le cofondateur du Grand Défi Pierre Lavoie (GDPL) Germain Thibault n’a pas caché qu’un volet nage pourrait s’ajouter aux autres défis déjà proposés par le gourou de l’activité physique.

M. Thibault était ravi du dénouement de ce défi réalisé par Pierre Lavoie. Il a toutefois été prudent dans ses propos. «Honnêtement, je vois très bien 200 bateaux qui suivent 1000 nageurs, a-t-il annoncé en faisant allusion à l’événement cycliste du Grand Défi, qui rassemble 1000 cyclistes. Les conditions étaient cependant idéales et ça ne veut pas dire que ce sera toujours le cas. On nous a dit qu’il y avait seulement deux ou trois journées par année comme celle d’aujourd’hui.»

Pour Pierre Lavoie, il est encore trop tôt pour parler d’une nouvelle étape dans les événements du GDPL déjà en place.

«On va analyser la situation et on va regarder la suite des choses. Une chose est sûre, le lac Saint-Jean est un endroit exceptionnel et les gens d’ici le sont tout autant. On peut organiser des choses et on sait qu’ils seront présents.»