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Une centaine de commotions?

Étienne Boulay
Photo d'archives, Ben Pelosse Étienne Boulay

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Comme la plupart des joueurs de football, Étienne Boulay a hypothéqué son corps pendant sa carrière.

L’ancien maraudeur de la LCF a notamment été victime de plusieurs commotions cérébrales.

«J’en ai eu plein, a affirmé Boulay, sans détour. Si je me fie à la définition exacte, soit d’être mêlé un peu ou que ta vision devienne embrouillée, j’en aurais eu plus d’une centaine.»

Un chiffre qui donne froid dans le dos, mais plusieurs études menées présentement aux États-Unis sont en train de démontrer qu’il ne serait pas loin du compte.

De plus, quand Boulay plaquait un adversaire, il le faisait avec la tête la majorité du temps.

«J’aimais frapper avec cette partie de mon corps parce que ça faisait plus mal à mon opposant, a expliqué le ­Québécois. J’étais prêt à l’encaisser jusqu’au jour où j’en ai réalisé les conséquences.»

Au début, il avait besoin de cinq à dix secondes pour reprendre ses esprits après un plaqué sévère. Ce temps de récupération a commencé à s’allonger à mesure que les années se succédaient.

Puis, lors de sa commotion pendant un match de 2011, il n’a tout simplement pas été en mesure de revenir sur le terrain.

«Quand tu es dans le feu de l’action, tu t’en fous un peu et tu continues de te malmener», a précisé Boulay.

Sels d’ammoniac

Celui qui a récolté 128 plaqués et 11 interceptions durant son passage dans le circuit canadien confie qu’il a eu recours à des sels d’ammoniac pour disputer certains de ses matchs.

«Pendant mes dernières rencontres avec les Argonauts, je demandais à un coéquipier d’en apporter trois ou quatre sachets dans ses poches, a raconté Boulay. Lorsque je pinçais solidement un autre joueur sur le terrain, j’en respirais quand je revenais sur les lignes de côté.

«Ça évitait que je m’endorme. Après cette saison-là, je me suis interrogé si ça valait la peine que je continue de me détruire la santé de cette façon.»

Passer le bon message

Même s’il a subi plusieurs commotions, Boulay encourage les jeunes à pratiquer son sport de prédilection.

«Je sais que ça peut paraître un peu ambigu, a raconté celui qui fait partie d’un comité sur la sécurité à Football Québec. Les commotions m’ont affecté et ça continue d’être le cas aujourd’hui.

«Par contre, je ne veux pas lancer le message de ne pas jouer au football. C’est grâce à ce sport que j’ai appris des valeurs géniales. Je ne serais pas la même personne et je n’aurais pas la même discipline.

«Je crois simplement qu’on peut le pratiquer de façon plus sécuritaire.»

 

Michael Sam: un fiasco

 

Même s’il a accroché ses épaulettes pour de bon, Étienne Boulay continue de suivre les derniers développements chez les Alouettes avec intérêt. Voici son opinion sur différents sujets d’actualité qui concernent son ancienne équipe. 

Qu’est que tu penses du début de saison et de la fiche de 3-5 jusqu’à présent?

Étienne Boulay: «C’est décevant. C’est aussi frustrant de voir qu’il y a autant de talent sur papier dans cette équipe et que ça ne fonctionne pas. Selon moi, le problème n’est pas sur le terrain et je ne sais pas si on peut pointer les coordonnateurs ou l’entraîneur-chef. Cependant, ton système doit tenir compte des éléments que tu as sous la main.»

Qu’as-tu pensé de la décision de laisser de côté le vétéran John Bowman?

«Ça m’a fait quelque chose et j’ai réagi fortement. Peut-être qu’il a ralenti, mais sur le plan statistique, il est encore le meilleur. John est un meneur sur le terrain, mais aussi dans le vestiaire. C’est un vrai pro dans tous les sens du terme. On dirait que Tom Higgins a voulu passer un message en lançant son plus gros vétéran sous l’autobus pour donner l’image que c’est à cause des joueurs que ça ne va pas bien. Toutefois, ça ne marche pas comme au hockey, où tu peux changer tes trios toutes les semaines.»

Qu’as-tu pensé de tout ce qui a entouré la situation de Michael Sam?

«Ce fut un fiasco du début à la fin. Tout le monde voulait qu’il obtienne du succès et on poussait tous pour lui. En plus, Jim Popp a toujours été patient avec les Américains pour leur donner du temps de s’adapter au style de jeu canadien. Avant cette année, homosexuel ou hétérosexuel, je n’avais jamais entendu parler d’un gars qui quitte un camp et qui est réadmis au sein d’une équipe par la suite. Est-ce qu’il a eu droit à un traitement de faveur? Je ne sais pas. J’ai déjà vu ce type de situation au cours de ma carrière, mais les joueurs faisaient une croix sur leur saison. Avec tout ce qu’il a vécu au cours de la dernière année, j’ai le sentiment qu’il n’était pas prêt à faire partie d’une équipe. Au football, tu ne peux pas avoir un pied dedans et l’autre en dehors.»

As-tu bon espoir que Rakeem Cato pourrait être le quart partant tant attendu?

«C’est la solution à long terme à mon avis. Il faut le protéger et ne pas le brûler. L’an dernier, on mentionnait que les déboires étaient attribuables à l’absence d’un bon pivot. Maintenant, les Alouettes en ont un entre les mains. C’est sûr qu’il fait des erreurs, mais il est jeune et excitant. Ce que je retiens surtout, c’est la réaction des vétérans à son égard. Ils ont confiance en lui et il a l’air d’être dans la bonne direction.»

Est-ce que tu juges que les jeux appelés du coordonnateur offensif Turk Schonert sont les bons?

«Ce serait hypocrite de dire que c’est le cas. Selon moi, il faut donner les rênes de l’attaque à Anthony Calvillo, qui est prêt et qui a fait ses preuves. Après tout, c’est lui qui avait les commandes de l’offensive quand il jouait. Il a appris des meilleurs comme Marc Trestman et Scott Milanovich. S’il y a un gars en qui j’aurais confiance pour faire ce travail, c’est bien lui. Je prendrais le livre actuel de jeux et je le lancerais à la poubelle. Puis, je donnerais des feuilles vierges à Anthony et je lui dirais d’en dessiner un nouveau.»

 

Touchdown : une fiction près de la réalité

 

Étienne Boulay a toujours eu une imagination débordante. Il a décidé de s’en servir à bon escient pour le roman jeunesse Touchdown, qu’il a coécrit avec l’auteur Patrick Marleau. 

Ce livre raconte l’histoire de Zakary Duclair, un jeune porteur de ballon de Montréal qui fait ses débuts dans les rangs collégiaux avec les Pékans du Cégep de Rimouski. 

Avec ce personnage, le duo Boulay-Marleau nous fait vivre différentes situations qui font partie du quotidien de la vie de campus et de l’intégration d’une recrue au sein d’une équipe de football. 

Étienne Boulay et Patrick Marleau lanceront un premier roman d’une trilogie la semaine prochaine

«Il a le numéro 22 [le même que le sien pendant sa carrière], a souligné Étienne Boulay en souriant. Par contre, ce n’est pas mon parcours qui est raconté par l’entremise de Zakary. 

«Il possède certains de mes traits de caractère et il va vivre quelques événements dans lesquels j’ai été impliqué, mais sans plus.»

Bien sûr, l’ancien maraudeur a participé activement aux pages où il est question de football. 

«On voulait que les situations soient les plus réalistes possible même si on était dans une fiction. Par contre, il y a des histoires autant pour les gars que pour les filles. On parle de football, mais ce n’est pas le seul sujet abordé. Je suis très fier du produit.»

Les jeunes âgés de 10 à 16 ans sont la clientèle cible pour ce bouquin publié aux Éditions Perro et qui sera en librairie à compter du 27 août. Toutefois, Boulay précise qu’il pourrait aussi intéresser les plus vieux. 

Surprise

Cette incursion de l’ancien athlète dans le monde littéraire est une surprise sur sa route. 

«Je ne pensais pas que j’écrirais un livre un jour, mais j’ai eu beaucoup de plaisir à le faire avec ­Patrick Marleau, a mentionné Boulay. Je n’ai pas la prétention d’être un auteur même si je possède une belle imagination. 

«Toutefois, au cours de notre processus de création, j’étais toujours animé par une petite fierté quand les pages revenaient et qu’il n’y avait que très peu de corrections effectuées sur ce que j’avais écrit.»

Pour ceux qui se le demandent, l’idée de base n’est pas venue de l’ancien porte-couleurs des Alouettes et des Argonauts de Toronto. 

«J’avais participé avec Patrick à un livre qui s’intitule Comment j’ai survécu à mon adolescence, a raconté Boulay. Je ne savais pas qu’il aimait le football. Il m’a contacté et il m’a demandé si je voulais retravailler avec lui.»

Garder un lien avec les jeunes

Avec la fin de la production des Testeurs, une émission qu’il coanimait avec Patrice Bélanger, Étienne Boulay cherchait une façon à garder un lien avec les jeunes, avec lesquels il a créé une ­belle relation au cours de ses années au petit écran.

«J’ai toujours aimé communiquer avec eux, a-t-il souligné. J’ai toujours aimé leur prouver que j’étais le même gars dans la vie et à la télévision.»

 

Statistiques dans la LCF

  • 3 échappés recouverts
  • 128 plaqués
  • 48 plaqués sur les unités spéciales
  • 11 interceptions

 

Carrière

10 mars 1983: Naissance

1995-1999: Collège Jean-Eudes

2000-2001: Kent School

2002-2005: Université du New Hampshire

2006: Repêché par les Alouettes au 2e tour

2006: Débuts dans la LCF

2008: Essai dans la NFL avec les Jets de New York

2009, 2010, 2012: Conquêtes de la coupe Grey

3 juillet 2013: Annonce de sa retraite