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Deux disparus sur la Côte-Nord: les recherches reprennent

Quatre personnes sont mortes dans l’écrasement d’un hydravion près de Bergeronnes

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Les recherches doivent reprendre lundi matin pour retrouver les deux passagers qui manquent à l’appel, au lendemain de l’écrasement d’un avion de tourisme qui a fait quatre victimes sur la Côte-Nord.

Des policiers à pied et en VTT ont réussi à se rendre sur les lieux pendant la nuit.

L’hélicoptère de la Sûreté du Québec (SQ) devrait être sur les lieux vers 7 h.

L’écrasement, dont les causes et circonstances exactes étaient inconnues en fin de soirée dimanche, s’est produit vers 14 h, à environ 6 km au nord de cette petite municipalité située à une vingtaine de kilomètres de Tadoussac.

L’hydravion, un DHC-2 Beaver fabriqué par De Havilland Canada, a chuté sur une montagne accessible uniquement par la voie des airs, près du lac Gobeil, au nord du fjord du Saguenay.

L’appareil effectuait «des survols touristiques à partir de Tadoussac», a confirmé au Journal le vice-président d’Air Saguenay, Jean Tremblay, qui n’a pas voulu commenter davantage, dimanche soir.

Des recherches ardues dimanche

Après que la Sûreté du Québec (SQ) eut été avisée qu’un appareil manquait à l’appel, ce sont les Forces armées canadiennes qui ont survolé le secteur pour le localiser, hier.

Un hélicoptère Cormorant, un avion de transport Hercules et un hélicoptère Griffon des bases militaires de Trenton et de Bagotville ont été déployés sur place. Des parachutistes ont aussi été mis à contribution et ont effectué des recherches au sol.

La carcasse de l’hydravion, lourdement endommagée, a finalement été localisée environ une heure après le début des recherches.

Quatre corps ont été retrouvés et leur décès a été constaté sur place, a confirmé à l’Agence QMI une porte-parole des Forces armées.

Au moment de mettre sous presse, on ignorait la provenance des victimes. Invité à préciser si des touristes étrangers étaient du nombre, le ministère des Affaires étrangères n’a pas rappelé Le Journal.

Des tours pour les touristes

La SQ et le Bureau de la sécurité des transports (BST) sont responsables de l’enquête. «C’est un secteur très boisé, difficilement accessible», a précisé la porte-parole de la SQ, Nathalie Girard, qui a indiqué qu’un poste de commandement avait été établi à Tadoussac. En fin de soirée, les policiers ont pu se rendre sur place, mais les recherches ont été suspendues pour la nuit peu de temps après.

Tout indique que les victimes prenaient part à un tour d’hydravion nommé «Safari Brousse Saguenay», selon ce qu’a indiqué au Journal le vice-président d’Air Saguenay, Jean Tremblay.

L’entreprise de croisières AML, une société touristique bien connue des Québécois, serait associée à ces excursions, d’après le site web faisant la promotion de ces tours d’hydravion. Il n’a pas été possible de s’entretenir avec ses dirigeants, dimanche.

— Avec la collaboration de Sébastien Ménard

Une autre tache au dossier d’Air Saguenay

Ce n'est pas la première fois qu'Air Saguenay est mêlé à une tragédie aérienne. Il y a cinq ans, l'entreprise s'est retrouvée au cœur d'un des plus gros accidents d’avion survenus au Québec, et qui avait causé la mort de quatre personnes.

Le 16 juillet 2010, un pilote et cinq membres d’une même famille prenaient place dans un hydravion d'Air Saguenay, pour un voyage de pêche à Chute-des-Passes, à 200 km au nord de Saguenay.

Le pilote avait décollé malgré un épais brouillard et percuté une montagne peu de temps après.

Simon Bernier, âgé de 15 ans à l'époque, et son grand-oncle, brûlé sur près de la moitié de son corps, sont les seuls survivants de cet écrasement.

«Insouciance»

Dans son rapport d’enquête, le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a blâmé le pilote qui n’aurait jamais dû décoller.

La famille des victimes a intenté une poursuite de 2,5 millions de dollars contre Air Saguenay, soutenant que la compagnie avait fait preuve «d’insouciance, de négligence et de témérité».

En janvier dernier, les plaignants et l’entreprise se sont entendus à l’amiable.

Ce que disait le BST en 2010...

«Selon les renseignements recueillis, la visibilité à l'avant de l'appareil était nulle.»

«Le pilote a décollé dans des conditions météorologiques inférieures aux minimums établis des règles de vol à vue et il a poursuivi le vol dans ces conditions.»