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La KHL est déjà de retour

Andrei Nazarov a été engagé par le SKA de Saint-Pétersbourg durant la saison morte.
photo d’archives Andrei Nazarov a été engagé par le SKA de Saint-Pétersbourg durant la saison morte.

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La saison de la Ligue continentale de hockey (KHL) commence la semaine prochaine. Si vous pensez qu’il est un peu hâtif de jouer au hockey à la fin août, c’est que vous ne connaissez pas la mentalité russe.

La saison de la Ligue continentale de hockey (KHL) commence la semaine prochaine. Si vous pensez qu’il est un peu hâtif de jouer au hockey à la fin août, c’est que vous ne connaissez pas la mentalité russe.

Pour les Russes, le hockey n’est pas un sport professionnel, mais plutôt une arène politique où la mère patrie peut démontrer sa puissance face à l’ennemi. Ainsi, les intérêts de l’équipe nationale doivent toujours passer en premier.

Ça n’a pas toujours été le cas, mais avec la prise de contrôle de la KHL par le président Vladimir Poutine (par le biais de ses amis et confidents Gennady Timchenko et Dmitry Chernyshenko, qui ont pris les rênes du circuit) et la tenue du prochain Championnat du monde à Moscou, la vieille approche idéologique connaît un retour en force. La saison commence et se terminera tôt, en plus de comporter quelques pauses afin de permettre à la formation nationale de bien se préparer pour les Mondiaux.

En plus, la KHL va également appliquer un quota strict de cinq joueurs étrangers par équipe, tel que fixé par le ministère du Sport. La Ligue junior sera quant à elle complètement fermée aux athlètes provenant de l’extérieur.

Bien que le circuit s’évertue à faire la promotion de la grandeur de la Russie, la KHL n’est pas à l’abri de la controverse et même les médias les plus serviles n’hésitent pas à fouiller afin de déterrer ses scandales.

L’histoire la plus déplaisante concerne l’entraîneur le plus controversé de la Russie, Andrei «Dirty Naz» Nazarov. Derrière le banc d’une équipe de la KHL, l’ancien dur à cuire de la LNH est reconnu pour sa poigne de fer jumelée à un brin de folie. À la surprise générale, le SKA de Saint-Pétersbourg, champion en titre de la Coupe Gagarine, l’a embauché cet été en remplacement de l’entraîneur Slava Bykov, qui a pris sa retraite.

Nazarov, qui est reconnu pour ses talents de motivateur, mais aussi pour sa personnalité déséquilibrée, n’a pas tardé avant de faire les manchettes en frappant le préparateur physique de l’équipe, Igor Kozlov. Selon ce dernier, Nazarov l’a envoyé à l’hôpital en le cognant à coup de pied et de poings. C’était, d’après Kozlov, la façon de Nazarov de lui indiquer qu’il était congédié.

Selon des sources bien informées, l’incident s’est bel et bien produit, mais Kozlov n’a pas porté plainte. Sachant que le SKA est dirigé par des amis intimes de Poutine, c’était probablement la bonne chose à faire.

La situation est encore plus sérieuse au Bélarus, où la direction du Dinamo de Minsk est dans la mire des autorités. Le directeur général et le responsable du dépistage ont été arrêtés tandis que le président du club fait l’objet d’une enquête. Les deux hommes sont accusés de détournement d’une somme d’argent ridicule (moins de 3000 $) et plusieurs médias russes ont parlé d’accusations fabriquées de toutes pièces.

Même le calendrier préparatoire n’est pas épargné par la controverse. Le CSKA de Moscou, champion de la saison régulière, a été forcé de disputer ses matchs locaux devant des gradins vides, en raison des conditions non sécuritaires dans son aréna vétuste.

Un exode inquiétant

Même la KHL est forcée de reconnaître que la qualité de ses joueurs a considérablement diminué durant la saison morte 2015. Devant les ennuis financiers de la Ligue et de la Russie en général, plus de vedettes que jamais ont quitté pour l’Amérique du Nord.

Cela inclut des talents locaux comme Artemi Panarin et Viktor Tikhonov, du SKA, qui ont été embauchés par les Blackhawks de Chicago, l’Américain Steve Moses, qui a signé avec les Predators de Nashville après avoir dominé la KHL au chapitre des buts, et l’ancien capitaine de la formation russe Ilya Nikulin, qui serait en discussion avec les Capitals de Washington.

L’été a également amené quelques histoires cocasses impliquant des Canadiens. Après avoir été renvoyé par le Traktor de Chelyabinsk, le gardien Michael Garnett a utilisé Twitter pour se trouver un nouvel emploi, publiant une photo de lui tenant un écriteau rédigé en russe. La démarche a fonctionné, puisqu’il a ratifié une entente avec le Slovan de Bratislava, la seule formation de la KHL en Slovaquie.

Les péripéties de Mark Dekanich, un autre gardien, sont moins drôles. L’ancien du Medvescak de Zagreb a écrit sur Twitter que son club avait refusé de lui payer une partie de son salaire. Il semblait également accuser le Medvescak d’avoir volé ou perdu son équipement. L’équipe croate, qui est reconnue pour embaucher plusieurs Canadiens, traverse de graves problèmes financiers et pourrait disparaître au terme de la prochaine saison.

L’un des meilleurs Canadiens du circuit, Geoff Platt, a aussi été forcé de quitter le Lokomotiv de Yaroslav en raison du quota de joueurs étrangers, mais il s’est rapidement tourné vers le CSKA de Moscou.

Le chiffre de la semaine

24

C’est le nombre de Canadiens au sein de la KHL en ce moment, dont Platt, qui est présenté en tant que Bélarussien en raison de sa double nationalité. C’est également le cas de Mike Glumac, de Niagara Falls, qui possède la nationalité croate.