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L’exploitation pétrolière sur l’île Anticosti ne serait pas rentable selon l’IRIS

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Photo d’Archives

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MONTRÉAL – L’exploitation pétrolière sur l'île d'Anticosti ne serait pas une si bonne affaire pour les Québécois, selon l’Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS).

Les réserves de pétrole accessibles sur l’île se chiffrent à 30 milliards de barils, d’après une étude de l’IRIS. Environ 70 % de la superficie exploitable d’Anticosti serait donc soumise à l’extraction.

L’analyse de l’IRIS estime aussi que l'exploitation pourrait s'étendre sur 30 ans.

Pour être rentable, le projet devra compter sur un prix du baril minimal de 163 $, ce qui est plus de trois fois plus élevé que le prix du baril actuel.

D’autre part, l’exploitation retarderait l'atteinte des objectifs environnementaux du gouvernement pour la réduction des gaz à effet de serre. L'exploitation pétrolière produirait presque autant de GES que les émissions totales de l'industrie du transport aérien, ferroviaire et maritime du Québec.

«Ça augmenterait annuellement en moyenne de 1,81 % les émissions de GES sur le territoire. Toutefois, pour atteindre les objectifs internationaux, le Québec doit diminuer ses émissions de 3,6 % annuellement», a indiqué Bertrand Schepper, chercheur à l'IRIS et auteur de la note.

Le gouvernement du Québec a commandé ses propres études, reste à voir si les conclusions seront similaires.

Les manufacturiers et exportateurs dénoncent l'étude

L'organisation patronale Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ) rejettent les conclusions de l'étude.

Pour MEQ cependant, l’IRIS arrive à ces conclusions en extrapolant des éléments qui ne sont pas adéquats.

«La comparaison avec le Dakota du Nord ne peut être acceptée quand on sait que le potentiel géologique d'Anticosti se rapproche davantage de celui de la formation Utica en Ohio», affirme l’organisation d'entrepreneurs, pour qui «une étude rigoureuse d'un champ pétrolier de cette ampleur nécessite une analyse puits par puits et non une moyenne générale».

MEQ fait aussi valoir que le gouvernement du Québec doit publier des études qui permettront d'avoir un portrait de la situation.

«Peut-on attendre l'avis des autorités compétentes avant de se prononcer sur la viabilité ou non de nos projets au Québec?», s’interroge Éric Tétrault, président de MEQ.