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Difficile de se nourrir dans cette famille

Les deux enfants ont de nombreuses allergies et intolérances à différents aliments, dont les noix et les œufs

Chantale Bergeron et ses deux enfants, Loup-Gabriel et Rose-Anne, doivent composer avec de multiples allergies.
photo laura-jessica boudreault Chantale Bergeron et ses deux enfants, Loup-Gabriel et Rose-Anne, doivent composer avec de multiples allergies.

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Se nourrir est devenu un vrai cauchemar pour la famille Bergeron-Beauchesne. Allergies aux noix, aux œufs et au lactose doublées d’une intolérance au gluten se côtoient dans la même résidence. Sans oublier que les kiwis, les ananas et même les carottes sont bannis de la table.

Depuis qu’ils sont tout petits, Rose-Anne et Loup-Gabriel doivent composer avec de nombreuses allergies.

Les produits laitiers, les œufs, le soya, les noix, les arachides, le sésame, les kiwis, les ananas et les carottes sont totalement interdits dans l’appartement des Bergeron-Beauchesne.

«Ce n’est pas fini, nous attendons les résultats de tests d’allergies au gluten pour Rose-Anne et on investigue encore pour comprendre les réactions allergiques toujours présentes de Loup-Gabriel», confie leur mère, Chantale Bergeron.

Une simple trace de l’un des aliments interdits peut provoquer des conséquences importantes.

«On parle de démangeaisons, de crampes et de vomissement qui peuvent durer plusieurs heures», explique la mère.

La famille doit se tourner vers des aliments de remplacements.

«Le quinoa, les produits naturels, les fruits et légumes, le lait de coco, le poulet, les fruits de mer et le riz sont devenus nos meilleurs amis».

Implication des enfants

Les enfants doivent tenir un journal alimentaire pour comprendre les réactions de leur corps.

«C’est complexe; ils doivent se responsabiliser et comprendre les effets de ce qu’ils mangent. Souvent, ils doivent s’adapter et changer des ingrédients qui ne conviennent pas. Ils doivent également être vigilants pour éviter des carences», précise Chantale Bergeron.

Les deux enfants doivent être suivis de près par un pédiatre spécialisé en nutrition.

Heureusement, leur mère, qui a également des intolérances multiples, est technicienne en diététique.

«Je dois travailler à temps partiel pour avoir le temps de faire des provisions et des repas. Je dois également rester alerte pour éviter le pire. C’est un gros défi que nous pouvons relever. C’est le chaos, mais on s’amuse».

Aspect social

Dès qu’ils doivent manger à l’extérieur de leur résidence, Rose-Anne et Loup-Gabriel doivent avoir un lunch et éviter les contacts avec des allergènes.

«Ce n’est pas simple. Ils sont fréquemment exposés à des aliments interdits. À l’école, ils doivent être très vigilants», avoue Mme Bergeron.

L’aspect social n’est pas facile.

«On fait peur, les gens nous trouvent intimidants avec nos repas spéciaux.»

Chantale Bergeron aimerait que les gens autour d’eux comprennent que les enfants ont des allergies importantes, mais qu’ils peuvent «avoir une vie normale».

«Ce n’est pas un caprice, c’est une nécessité. Souvent, nous ne sommes pas pris au sérieux quand nous allons dans des repas de famille ou entre amis. Ils doivent traîner leur lunch, mais ils sont comme tous les autres enfants, ils peuvent faire des activités», conclut la mère.

Une alimentation complexe et coûteuse

Les gens qui souffrent d’allergies ou d’intolérances alimentaires doivent parfois se rendre jusqu’à Québec pour trouver certains aliments, non disponibles en région, qui répondent à leur condition.

«Nous avons tellement de restrictions... Les produits vendus dans les supermarchés ne peuvent pas combler nos besoins. Je dois souvent aller à la chasse aux aliments de base pour faire des repas», confie Chantale Bergeron, une mère de famille dont les enfants souffrent d’allergies sévères.

Cette dernière consacre plusieurs heures par semaine à faire des provisions au magasin d’alimentation spécialisé Bizz, ou chez Corneau Cantin, Provigo et Costco.

«C’est une importante gymnastique. Je dois lire et comprendre les étiquettes des aliments afin de trouver ceux qui peuvent nous convenir», mentionne-t-elle.

Dans la région, plusieurs produits peuvent répondre aux besoins particuliers des gens, mais pas toujours. «Nous avons beaucoup de variété en région. Ça se complique s’il y a des intolérances multiples ou des réactions importantes aux traces d’aliment», reconnaît la naturopathe et conseillère pour le magasin d’alimentation Bizz, Line Tremblay.

Cuisiner

Les spécialistes en nutrition conseillent aux gens de cuisiner eux-mêmes leur repas afin d’éviter de manger des aliments nuisibles.

Les talents culinaires de plusieurs personnes peuvent parfois faciliter les choses. «Il faut développer une bonne relation avec la nourriture et apprendre différentes recettes. Les gens finissent par développer des stratégies et trouver des solutions intéressantes», explique Line Tremblay. Celle-ci recommande d’ailleurs aux gens d’être guidés dans leur processus.

Coûteux

Le prix des aliments peut souvent faire peur aux gens qui doivent se tourner vers des mets de remplacements, d’autant que changer des habitudes alimentaires peut prendre jusqu’à 12 mois.

«Ça coûte presque trois fois plus cher, des prix de fous. C’est décourageant parce que le gouvernement ne donne pas de compensation financière», déplore Chantale Bergeron.

«Les restrictions alimentaires doivent être prises au sérieux et ça devient un fardeau supplémentaire», ajoute Line Tremblay.