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Lac-Mégantic est «suicidaire»

À la suite de la tragédie ferroviaire, la détresse psychologique pèse sur la communauté

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photo d’archives André Veilleux constate avec tristesse que sa communauté souffre toujours des séquelles de la tragédie ferroviaire survenue il y a deux ans.

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Un résident de Lac-Mégantic avait écrit à Québec pour sonner l’alarme et prévenir d’une population «suicidaire», à peine un mois avant qu’un des survivants de la tragédie ne s’enlève la vie.

La communauté est «désabusée, grandement affectée psychologiquement et suicidaire», écrivait le notaire à la retraite André Veilleux, le 23 juillet dernier, dans une lettre adressée au ministère des Affaires municipales et au lieutenant-gouverneur du Québec.

Son cri du cœur est survenu presque un mois jour pour jour avant que le chansonnier Yvon Ricard, qui jouait au Musi-Café le soir de la tragédie de Lac-Mégantic, se suicide il y a quelques jours.

En entrevue avec Le Journal il y a deux semaines­­, André Veilleux a parlé de la détresse qui secoue sa ville, un peu plus de deux ans après qu’un convoi qui transportait du pétrole brut eut dévié de sa voie et fait 47 victimes.

Épuisement

«Les gens d’ici sont épuisés. On se sent trahi. Le gouvernement nous avait dit qu’on pourrait reprendre nos terrains une fois la décontamination terminée. Mais là, on est plusieurs à se faire exproprier», déplore M. Veilleux, dont le bureau de notaire était situé dans la zone rouge, où s’est produite la catastrophe.

En effet, un parc commémoratif sera construit sur les lieux de la tragédie, forçant l’expropriation de plusieurs propriétaires, dont André Veilleux.

La Ville de Lac-Mégantic a offert­­ aux expropriés des terrains dans un autre développement résidentiel.

Loi matraque

Dans sa lettre, M. Veilleux montre du doigt la loi spéciale adoptée par Québec en 2013 (loi 57) pour accélérer la reconstruction de Lac-Mégantic comme une des causes de la détresse psychologi­que de sa communauté.

«Cette loi 57 est utilisée comme une véritable matraque par sept personnes qui ont été nommées par le gouvernement précédent sans processus électoral et qui, à date, ont utilisé un pouvoir arbitraire pour démolir deux fois plus de bâtiments que le convoi ferroviaire ne l’a fait le 6 juillet 2013», insiste-t-il dans sa missive, qui a aussi été publiée dans L’Écho de Frontenac.

André Veilleux exhorte carrément Québec à abolir cette loi «pour empêcher une tragédie aussi pire que celle du 6 juillet».

Visiblement bouleversé lors de notre entrevue, l’ancien notaire a confié avoir pris sa retraite depuis le drame et être suivi par un psychologue.

«Ce drame, et tout ce qui a suivi, a laissé des séquelles pour la vie», laisse-t-il tomber la gorge nouée.

 
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