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Trois ans de prison pour Mohamed Fahmy: le Canada demande sa libération immédiate

Ottawa exige la libération du journaliste canadien détenu en Égypte

Fahmy and Mohamed talk to the media at a court in Cairo
Photo REUTERS Le journaliste Mohamed Fahmy (au centre), accompagné de sa femme Marwa Omara (à gauche), de l’avocate Amal Clooney (à droite) et du journaliste Baher Mohamed (en haut), avant la condamnation des deux journalistes.

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Stephen Harper exige la libé­ration du journaliste cana­dien Mohamed Fahmy, condamné à trois ans de prison samedi, en Égypte.

«Le Canada continue de demander la libération immédiate de M.Fahmy et l’entière coopération pour faciliter son retour chez lui», a écrit le premier ministre du Canada sur son compte Twitter hier après-midi.

M.Fahmy et ses collègues de la chaîne Al Jazeera Peter Greste et Baher Mohamed sont accusés d’avoir «diffusé de fausses informations» en soutien à l’organisation des Frères musulmans, un parti politique considéré comme terroriste en Égypte.

Selon M.Fahmy – qui a toujours nié les accusations qui pèsent sur lui –, c’est en raison de la négligence du réseau Al Jazeera qu’il a eu des problèmes avec la justice égyptienne.

Mohamed Fahmy avant le verdict.
Photo Asmaa Waguih / Reuters
Mohamed Fahmy avant le verdict.

En juin 2014, les journalistes ont été condamnés à sept ans de prison.

Toutefois, la Cour de cassation avait annulé les condamnations des journalistes jusqu’à l’ouverture, en février, de leur nouveau procès. M.Fahmy et Baher Mohamed avaient été remis en liberté conditionnelle après plus de 400 jours de détention.

Peter Greste a pour sa part été déporté vers l’Australie le 1er février 2015.

Sa femme s’effondre

Lors du verdict, Marwa Omara, la femme du journaliste canadien Mohamed Fahmy, a éclaté en sanglots. Elle était accompagnée de l’avocate des droits de l’homme Amal Clooney, qui défend M.Fahmy.

Cette dernière a affirmé en point de presse que «tous ceux qui ont étudié le dossier depuis le début ont conclu qu’il n’y avait aucune preuve pour soutenir l’une des charges».

Et que cela envoie par conséquent «un message dangereux, selon lequel, en Égypte, les journalistes peuvent être emprisonnés simplement parce qu’ils ont fait leur travail et dit la vérité».

Né au Caire, Mohamed Fahmy a grandi en Colombie-Britannique et au Koweït.

Pressions sur Harper

Avec la tombée de ce jugement qui condamne M.Fahmy et ses deux collègues, les voix s’élèvent de toutes parts pour demander au gouvernement canadien d’agir rapidement dans ce dossier plutôt délicat.

«M.Harper doit mettre ses manœuvres électoralistes de côté et communiquer directement avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi afin d’obtenir la garantie que M.Fahmy sera gracié», a écrit pour sa part le député néo-démocrate Paul ­Dewar dans un communiqué.

Le Parti libéral n’a pas été tendre lui non plus à l’égard du premier ministre du Canada.

«Le fait que M.Fahmy demeure emprisonné est totalement inacceptable. Alors que le premier ministre australien Tony Abbott a parlé avec le président Al-Sissi au moins trois fois pour assurer la libération de Peter Greste, M.Harper, lui, n’a pas su reconnaître l’urgence de la situation et faire preuve de la même habileté dans le cas de M.Fahmy.»

La chef du Parti vert, Elizabeth May, a réagi sur son compte Twitter quelques minutes après l’annonce du verdict.

«Je condamne catégoriquement ce jugement et demande au gouvernement canadien d’agir.»

– Avec la collaboration de Marie-Christine Noël, Le Journal de Montréal.

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