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Une stratégie 2.0

Les partis politiques tentent de gagner les électeurs par les réseaux sociaux

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Exit l’époque des simples pancartes électorales et des publicités télévisées. La guerre que se livrent les partis politiques pour récolter des votes se joue maintenant en format 2.0, et 2015 sera la première véritable campagne électorale fédérale sur les médias sociaux.

«On a parlé de 2005-2006 comme étant la campagne Facebook, ensuite on a parlé de 2008 comme étant la première campagne Twitter [...] Mais là, en 2015, j’ai l’impression qu’on est vraiment en présence de l’approche multiplateforme, où tous les partis sont présents et y sont très engagés», indique le professeur de communication politique de l’Université Laval, Thierry Giasson.

«Les partis fédéraux ont eu quatre années pour se familiariser (avec les) médias sociaux. Là on va voir l’innovation», poursuit l’expert.

Aux largement répandus réseaux Facebook, Twitter et Youtube s’entremêlent des comptes Instagram, Pinterest, Flickr, Vine, Livestream et SnapChat dont s’arment les partis politiques. L’objectif recherché? Mettre en valeur l’image des chefs et leurs politiques à coups de clichés léchés, d’infographies et de montages vidéo tournés dans des décors ne laissant rien au hasard. C’est aussi sur ces plateformes que les stratèges politiques ne ratent pas une occasion de mitrailler du bout des doigts leurs adversaires. Le tout échappant au filtre journalistique présent dans les médias traditionnels.

« Cybermilitants »

Les partis peuvent aussi compter sur de dévoués sympathisants ayant pour mission de propager leurs messages sur autant de plateformes. «Tous les partis ont constitué ces cellules de cybermilitants qu’on mobilise pour des actions spécifiques en ligne», explique M. Giasson. L’usage des médias sociaux permet aux partis politiques de mieux cibler les électeurs potentiels à qui ils souhaitent livrer un message précis. «Ce n’est pas du tout artisanal. On est dans la science», souligne M. Giasson.

On pourra préférer Facebook pour rejoindre une clientèle féminine, Twitter pour la gent masculine ou encore Snapchat pour interpeller les plus jeunes.

L’usage des médias sociaux peut toutefois devenir une arme à double tranchant. Une gaffe commise par un chef ou une déclaration maladroite peuvent prendre des proportions virales. «On ne peut plus éviter la dimension interactive avec Facebook et Twitter», explique le professeur en communication du collège Emerson à Boston, Vincent Raynauld.

M. Raynauld souligne aussi la rapidité d’action qu’imposent les médias sociaux et qui force les partis politiques à réagir parfois sans tenir compte pleinement de toute la dimension stratégique de la communication politique. «C’est un environnement où il n’y a pas d’heure de tombée, alors les gens sont tout le temps en quête d’information», explique-t-il.