/news/currentevents
Navigation

45 crimes haineux depuis le début de l’année à Montréal

FD-VEHICULES-VANDALISES
Photo d'archives Des véhicules dans un stationnement intérieur d’un immeuble à logements du quartier Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal, ont été vandalisés par un ou des suspects qui y ont dessiné des croix gammées avec de la peinture aérosol en février dernier.

Coup d'oeil sur cet article

Les crimes haineux préoccupent la police de Montréal, qui a enregistré depuis janvier 45 infractions criminelles notamment contre des musulmans, des juifs, des Noirs et des homosexuels.

«On prend ça au sérieux. Un seul crime haineux, c’est un crime de trop», insiste le commandant Ian Lafrenière, du Service de police de la Ville de Montréal.

Selon des chiffres obtenus par Le Journal, l’année 2015 s’annonce aussi importante que 2014 en matière de crimes haineux. L’an dernier, le SPVM en avait recensé 76, soit 25 % de plus que les 60 crimes répertoriés en 2013. Du 1er janvier au 31 juillet dernier, ce sont 45 enquêtes qui ont été ouvertes.

Selon le commandant Lafrenière, un crime est considéré comme haineux lorsqu’il est motivé par des préjugés ou de la haine fondés sur des facteurs tels que l’origine ethnique, la religion, la couleur de la peau ou l’orientation sexuelle de la victime.

La police de Montréal n’est pas en mesure de dire quel groupe est le plus ciblé par ce type de crime, mais elle souligne que les crimes recensés sont pour la plupart des méfaits ou des actes de vandalisme.

L’impact de Charlie Hebdo

Dans le mois suivant l’attaque terroriste islamiste contre Charlie Hebdo, en janvier dernier, le Collectif québécois contre l’islamophobie dit avoir reçu plus de 200 plaintes pour des actes islamophobes.

«Lorsque le fait musulman se retrouve dans les médias, c’est la réceptionniste voilée d’un bureau de Montréal qui écope et se fait agresser verbalement», déplo­re le porte-parole Adil Charkaoui.

Le Collectif estime que les débats actuels entourant le projet de loi 59 déposé par Québec pour, notamment, lutter «contre les discours haineux et les discours incitant à la violence», ont un impact direct sur la communauté musulmane.

«Le problème, c’est qu’on fait un lien direct entre la radicalisation et l’islamophobie», regrette M. Charkaoui.

Selon le Centre consultatif des relations juives et israéliennes de Montréal, la violence envers les juifs s’accentue lorsque le conflit israélo-palestinien fait rage, comme c’est le cas actuellement.

«Il y a une corrélation évidente, souligne David Ouellette, directeur adjoint des affaires publiques. Cet été, par exemple, un touriste belge juif de passage à Montréal s’est fait agresser à la sortie d’un restaurant casher. Il a reçu un coup de poing en plein visage!»

 

Un véhicule a été incendié dans une rue Birnam dans l’arrondissement de Parc-Extension, à Montréal, dans la nuit du lundi au mardi 12 mai. Au moins un dessin haineux a été tracé sur la voiture.
Photo d'archives
Un véhicule a été incendié dans une rue Birnam dans l’arrondissement de Parc-Extension, à Montréal, dans la nuit du lundi au mardi 12 mai. Au moins un dessin haineux a été tracé sur la voiture.

Pointe de l’iceberg

Reste que les crimes haineux recensés par le SPVM ne sont que la pointe de l’iceberg, croit M. Ouellette.

«On incite les membres de la communauté juive à porter plainte à la police lorsqu’ils sont victimes d’actes antisémites, mais beaucoup ne le font pas», soutient le porte-parole.

Ce dernier se réjouit que le maire de Montréal, Denis Coderre, compte demander au prochain chef de la police d’étudier l’idée de créer un service d’enquête contre les crimes haineux.

«La Colombie-Britannique en a un depuis un certain temps, souligne M. Ouellette. Le Québec accuse du retard à ce niveau.»

 

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.