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Exilé de force, Geoff Platt retombe sur ses pieds

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Photo AFP Geoff Platt

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Geoff Platt n’avait pas l’intention de quitter le Lokomotiv de Yaroslavl, une équipe médiocre au passé glorieux. Le natif de Toronto, qui a brièvement évolué pour les Ducks d’Anaheim et les Blue Jackets de Columbus dans la Ligue nationale de hockey (LNH), était adoré par les partisans fanatiques de cette équipe russe. Après tout, il avait de bons souvenirs de la ville où il avait remporté l’or avec l’équipe canadienne des moins de 18 ans ainsi qu’avec la formation nationale en 2003.

Geoff Platt n’avait pas l’intention de quitter le Lokomotiv de Yaroslavl, une équipe médiocre au passé glorieux. Le natif de Toronto, qui a brièvement évolué pour les Ducks d’Anaheim et les Blue Jackets de Columbus dans la Ligue nationale de hockey (LNH), était adoré par les partisans fanatiques de cette équipe russe. Après tout, il avait de bons souvenirs de la ville où il avait remporté l’or avec l’équipe canadienne des moins de 18 ans ainsi qu’avec la formation nationale en 2003.

Il semblait très à l’aise à Yaroslavl, après avoir disputé près de six saisons avec le Dinamo de Minsk. Il a d’ailleurs obtenu sa cito­yenneté au Bélarus et il a évolué avec l’équipe nationale.

Malheureusement, ce changement de citoyenneté, qui lui a fait perdre son statut de joueur étranger et qui a fait changer le drapeau à côté de son nom sur le site de la Ligue continentale de hockey (KHL), l’a forcé à quitter Yaroslavl à quelques jours du début de la saison 2015-2016. Un gros merci au traditionnel chaos organisationnel qui règne en Russie.

En date du 18 août, la Ligue essayait toujours de déterminer comment considérer les joueurs du Bélarus, dont le nombre est limité pour les équipes russes.

Reléguer les athlètes provenant d’un pays voisin dans la même catégorie que les Finlandais ou les Suédois serait étrange, considérant que bien des Biélorusses sont nés en sol russe. Mais maintenant que le principal objectif de la KHL est de favoriser le développement de l’équipe nationale russe, on tente de restreindre le nombre de joueurs étrangers.

La politique s’immisce

Comme toujours en Russie, la politique finit par intervenir, et il a finalement été décidé qu’il ne fallait pas offusquer les membres de l’Union douanière, une communauté économique qui regroupe les ex-nations de l’URSS, dont fait partie le Bélarus. Les joueurs provenant du Kazakhstan et du Bélarus ont donc le droit d’évoluer dans la KHL, et il n’y a pas de nombre limite imposé aux équipes. Cela inclut Platt, mais pressé d’annoncer sa formation pour la prochaine campagne, le Lokomotiv avait déjà coupé les ponts avec l’attaquant.

Recruter par le CSKA

Heureusement pour Platt, il n’est pas demeuré sans emploi bien longtemps, alors que le CSKA de Moscou l’a immédiatement amené dans ses rangs. Le Cana­dien se retrouve donc dans la capitale russe avec une équipe légendaire et dans un rôle de leader, notamment en compagnie d’Alexander Radulov.

Et ça ne lui a pas pris beaucoup de temps avant d’apprivoiser son nouvel environnement. Lors du premier match préparatoire, contre le SKA de Saint-Pétersbourg, il a récolté deux points, marquant le but décisif en prolongation. Vive le Canada! Et le Bélarus!

Bien sûr, la Russie ne serait pas ce qu’elle est si les lois n’étaient pas compliquées et contradictoires.

Juste après que la KHL eut décidé de ne pas considérer les Biélorusses comme des joueurs étrangers, le ministère des Sports a émis une ordonnance visant à punir les clubs qui lui désobéissent. Oui, en Russie, le ministère des Sports peut donner une amende aux équipes professionnelles.

Pour l’instant, la situation n’est toujours pas réglée. Platt est en sécurité avec le CSKA, qui n’a pas dépassé la limite, mais d’autres Biélorusses, comme les anciens du Canadien de Montréal Andreï et Sergeï Kostitsyn, avec le Torpedo de Nizhny Novgorod, se retrouvent dans une impasse pendant que la KHL poursuit son bras de fer contre les dirigeants politiques.­­­


Fetisov de nouveau malheureux

Slava Fetisov ne sera jamais reconnu pour ses années comme ministre russe des Sports (il est davantage connu comme un légendaire défenseur ayant évolué dans la LNH, bien sûr), mais il n’est apparemment pas un partisan de celui qui occupe actuellement ce poste, Vitaly Mutko. Lors d’un discours émotif devant la presse, Fetisov a écorché les directives du ministère, les qualifiant de «ridicules». Il a aussi mentionné qu’aucun circuit professionnel dans le monde ne serait la cible de décisions aussi autoritaires de son gouvernement. Fetisov avait précédemment fait les manchettes pour avoir proposé une mesure audacieuse qui empêcherait les hockeyeurs russes de traverser l’Atlantique avant l’âge de 28 ans. Certains croient qu’il tentait d’attirer l’attention pour un éventuel poste important.

Le chiffre de la semaine

3

C’est le nombre de buts comptés par l’attaquant du Barys d’Astana Dustin Boyd face au Salavat Yulayev d’Oufa. Il s’agit de son troisième tour du chapeau dans la KHL, son premier en près de quatre ans.