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Une habile diversion

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Les établissements d’enseignement privés font partie de la solution à l’étranglement des finances publiques du Québec et non du problème.

Les établissements d’enseignement privés font partie de la solution à l’étranglement des finances publiques du Québec et non du problème.

Ceux-ci reçoivent 60 % de l’allocation du gouvernement pour un élève du réseau public. La différence est assumée par les parents, une fondation et des activités de financement. Chaque institution assume en plus les coûts d’entretien des immeubles.

Il en résulte une économie de plus de 800 M$ par année pour l’État.

L’actuelle formule de financement fait en sorte que chaque dollar de compression budgétaire pour le réseau public se traduit par une compression du même ordre dans les transferts au privé pour les services éducatifs.

De plus, le secteur privé subit des réductions des enveloppes pour le transport scolaire et la valeur locative des immeubles.

Les campagnes de dénonciation des coupes dans le secteur public, dirigées en même temps contre le privé, autant par les directions du monde scolaire que les syndicats du secteur public ne reposent sur aucun fondement budgétaire. Elles relèvent simplement d’une idéologie socialiste: un seul et unique réseau d’éducation pour tout le monde. C’est le nivellement par le bas.

Priorité à l’éducation

La très grande majorité des élèves inscrits dans un établissement privé provient de la classe moyenne. Ces derniers ne sont pas sélectionnés sur la base de leurs résultats plus élevés. Ils sont plutôt soumis à un examen de classement qui sert pour équilibrer les groupes et évaluer les capacités d’accès à des programmes spéciaux, comme sports-études.

À peu près toutes les institutions accueillent leur part d’élèves handicapés ou en difficulté d’apprentissage ou d’adaptation.

Quelque 10 000 élèves fréquentent le privé, soit 12 % de l’effectif scolaire et l’État fournit pour eux 4,5 % du budget de l’éducation.

L’inscription d’un élève à l’école privée découle d’un choix personnel de parents qui veulent le meilleur pour leur enfant. Ils font de l’éducation la priorité, devant des vacances coûteuses, un changement d’automobile, l’appareil électronique du dernier cri, etc.

Ils misent sur un meilleur encadrement, des enseignants de plus haute qualité pour qui l’enseignement prime l’action syndicalo-politique, l’identification de leur enfant à sa maison d’enseignement et de bonnes communications entre les enseignants et les parents.

Mêler les cartes

Les syndicats du réseau public d’éducation sont en moyens de pression dans le cadre du renouvellement de leur convention collective. Les directions des commissions scolaires résistent pour leur part à la réforme que prépare le ministre François Blais.

Je les suis à fond de train sur leurs revendications portant sur les services aux élèves, notamment l’apport des orthopédagogues.

Par contre, les enseignants ne me feront pas oublier, par une diversion, qu’ils exigent, comme les autres employés du secteur public, des augmentations salariales de 4,5 % par année pour les trois prochaines années, une demande totalement irréaliste par rapport aux autres travailleurs et débranchée des réalités budgétaires du Québec.

Commissions scolaires et syndicats d’enseignants mêlent les cartes pour tenter d’ennoblir de réels objectifs très corporatistes.