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Aylan Kurdi à la plage

Aylan Kurdi 3 ans

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Vous avez vu les images, les photographies de cet enfant sur la plage de l'île grecque de Kos. Elles sont terribles à voir. Son grand frère a lui aussi trouvé la mort dans cette ultime tentative de fuir la Syrie avec ses parents. Ils sont plus de 2000 au quotidien, selon les différents rapports, à entamer cette traversée vers la liberté, la vie, sinon la mort cette fois-ci.

On fait état de la pire crise de réfugiés depuis la Seconde guerre mondiale. Mais il a fallu la diffusion d’un seul enfant mort, Aylan, parmi les milliers qui ne se sont jamais rendu à destination pour que le monde entier s’arrête un instant.

On parle de réfugiés ou de migrants sans pour autant trouver de solution, de réponse à cette affluence sans cesse croissante de personnes qui tentent de rejoindre l’Europe. Ils arrivent par centaines mais on ne sait quoi faire d’eux. On joue aussi sur les mots pour les définir. Et ça influence la façon dont on va les traiter.

William Spindler, porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU l’a expliqué plus tôt cette semaine au micro d’Annie Desrochers sur les ondes de Radio-Canada. Essentiellement, ses propos sont à l’effet que: 

Contrairement au migrant, le statut de réfugié a une portée légale. Un réfugié est une personne qui est contrainte de quitter son pays en raison d'une persécution ou de la guerre. Selon la convention de Genève de 1951, ratifiée par 145 États membres des Nations unies, un pays a l'obligation de protéger ses réfugiés. Une obligation qui n'existe pas dans le cas des migrants. Un migrant est une personne qui choisit de migrer de façon volontaire pour des raisons économiques ou politiques. Cette personne doit donc remplir les conditions des lois migratoires propres au droit national.

Ce qui explique que tous les réfugiés sont des migrants et qu l’inverse ne s’applique pas tout à fait. C’est plus facile de refouler des migrants, de les empêcher de prendre un train en Hongrie, de les considérer comme de humains quoi.

Nos politiciens

C’est à ce moment précis, après la diffusion des images de ce  petit bonhomme mort, échoué sur une plage, qu’un policier prend délicatement dans ses bras pour le soustraire à la vue du monde, que nos politiciens s’expriment. Au fédéral, les différents candidats aux élections du 19 octobre prochain au Canada parlent d’accueillir plus de réfugiés sinon un seul souhaite plus d’intervention des militaires en Syrie et en Iraq.

J’imagine que c’est une question de priorités. On veut aider et sauver des vies avant qu’elles ne se terminent après le naufrage de leurs frêles embarcations de fortune ou on bombarde les terroristes au loin. À moins que l’on pense que ces milliers de réfugiés soient tous des terroristes, Aylan y compris ?

Récemment, le gouvernement du Québec accordait à Raïf Badawi un certificat de sélection pour motifs humanitaires. Un certificat de sélection  pour motifs humanitaires est remis notamment au cours de circonstances exceptionnelles à une personne à l'étranger, lorsque celle-ci est en situation de détresse.

Loin de moi l’idée de dénigrer la cause de Raïf Badawi. Son histoire a ému une grande partie de la population. Condamné à 10 ans de prison et à 1000 coups de fouet pour avoir osé critiquer l’autorité de son pays d’origine, nombreux sont ceux qui sont montés aux barricades pour obtenir sa liberté et son entrée au Canada.

Aylan Kurdi

Mais pour les milliers de Aylan Kurdi ? Rien, le néant total. On se contente de regarder les nouvelles et de lire les journaux mais personne ne fait quoi que ce soit. Combien d’Aylan devrons-nous voir avant d’agir ? On s’indigne un peu et puis le temps passe. Après tout, une nouvelle ne dure que quelques jours et on passe à autre chose. C’est la vie quoi, ou c’est la mort...