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Bergevin a toujours eu le CH tatoué sur le cœur

Enfant, il portait déjà un écusson du Canadien sur son manteau d’hiver

Bergevin a toujours eu le CH tatoué sur le cœur
Photo Le Journal de Montréal, Ben Pelosse

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Lorsque sa mère Pauline le conduisait à l’aréna de Pointe- Saint-Charles, Marc Bergevin était un enfant heureux, comblé.

La famille n’était pas riche, mais il pouvait pratiquer son sport favori, comme son idole Guy Lafleur.

Dans ce quartier d’ouvriers de l’arrondissement Sud-Ouest, la vie n’était pas facile. L’argent ne coulait pas à flots.

«Denis, mon père, travaillait fort comme pompier à Saint-Henri, et on n’avait pas de voiture. Ma mère venait donc m’accompagner à l’aréna à pied, beau temps mauvais temps», a confié le directeur général du Canadien.

Pour cette entrevue accordée au Journal de Montréal, une semaine avant le début de la période d’entraînement des recrues, Bergevin nous a accueillis sur la terrasse derrière son loft, près du canal Lachine.

Il était fort détendu, la saison n’étant pas commencée, et l’entretien a duré plus d’une heure en ce bel après-midi d’été.

Des origines modestes

L’homme de 50 ans a grandi tout juste de l’autre côté du canal, dans un logement situé sur la rue Centre, à Pointe-Saint-Charles.

«Nous étions huit dans ce logement de trois chambres, se souvient Bergevin. Mes parents occupaient la chambre principale, mon grand-père dormait dans la seconde et les cinq enfants se partageaient la troisième chambre ainsi que le divan du salon.

«J’ai eu une belle enfance. Elle n’était pas différente de celle des autres gamins du quartier. Je ne me sentais pas défavorisé. Je jouais au hockey de septembre à avril et je jouais au baseball l’été, au parc D’Argenson. Je n’en demandais pas plus.»

Une photo précieuse

Bergevin devient émotif lorsqu’on lui parle de ses souvenirs d’enfance. Il conserve précieusement dans son téléphone intelligent une photo de lui en noir et blanc, quand il avait environ sept ans.

À l’âge de sept ans, Marc Bergevin avait un écusson du Canadien cousu sur le collet de son manteau.
Photo courtoisie Marc Bergevin
À l’âge de sept ans, Marc Bergevin avait un écusson du Canadien cousu sur le collet de son manteau.

On le voit, avec son air angélique, portant un manteau d’hiver sur lequel était cousu (sur le collet) un écusson du Canadien. On pourrait dire qu’il a toujours eu le CH tatoué sur le cœur!

«Le Canadien dominait la ligue à cette époque et je ne connaissais personne dans le quartier qui aurait pu être partisan d’un autre club. Le Tricolore, c’était la grosse affaire dans mon quartier.

«Même si on n’avait pas les moyens d’assister à un match au Forum, j’étais un grand fan des Lafleur, Cournoyer et compagnie. Ils étaient mes idoles. J’aurais été énervé à l’idée de les rencontrer.»

Repêché en troisième ronde par les Blackhawks de Chicago, en 1983, Marc Bergevin a connu une carrière longue de 20 saisons dans la LNH, portant l’uniforme de huit équipes, dont celui des Whalers de Hartford et celui des Islanders de New York.
Photo d’archives
Repêché en troisième ronde par les Blackhawks de Chicago, en 1983, Marc Bergevin a connu une carrière longue de 20 saisons dans la LNH, portant l’uniforme de huit équipes, dont celui des Whalers de Hartford et celui des Islanders de New York.

Savard : son modèle

Jouant à la position de défenseur, Bergevin admirait, vous l’aurez bien deviné, les membres du Big Three, soit Serge Savard, Larry Robinson et Guy Lapointe.

«Serge Savard a non seulement été un défenseur étoile, mais il a aussi été un excellent directeur général, a-t-il commenté. Il représente un modèle pour moi.

«Une fois sa carrière terminée, le Canadien lui a offert le poste de grand patron et même s’il a vite été plongé dans le bain, il a su mener l’équipe vers deux conquêtes de la coupe Stanley, en 1986 et en 1993. Il imposait le respect. J’aimerais bien suivre ses traces et ramener la coupe à Montréal», a poursuivi Bergevin.

«C’est le but ultime de chaque directeur général. Mais avec la parité qui existe aujourd’hui, c’est un objectif difficile à atteindre. Il n’y a qu’un seul grand champion et ça ne signifie pas pour autant que les 29 autres équipes ont connu une mauvaise saison.

«De se qualifier pour les séries n’est pas suffisant pour nos partisans. On semble oublier que les Bruins ont raté les séries la saison dernière malgré une récolte de 96 points, ce qui en dit long sur la concurrence féroce qui existe dans la LNH.»

Bergevin a toujours eu le CH tatoué sur le cœur
Photo d’archives

Présence intimidante

Savard a eu son mot à dire dans la décision de Geoff Molson d’embaucher Bergevin au mois de mai 2012.

«Je lui en serai toujours reconnaissant, a mentionné Bergevin. Il était présent lors de mon entrevue avec Geoff et j’avoue que j’étais intimidé. Cet homme a une telle présence dans une pièce. C’est une légende et je trouvais que j’avais de très gros souliers à remplir.»

Il se prépare à entamer la quatrième saison d’un contrat de cinq ans.

«Mon objectif est de mettre sur pied l’équipe la plus compétitive possible. Est-elle parfaite? Non. Bien sûr que j’aimerais que le Canadien ait plus de punch­­ à l’attaque, qu’on aligne un joueur de centre comme Jonathan Toews ou Ryan Getzlaf. Mais ce n’est pas le cas. Il faut se montrer patient et bâtir l’équipe morceau par morceau.»