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Questions aux souverainistes qui voteront NPD

Thomas Mulcair
Photo AGENCE QMI, JOEL LEMAY

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Les souverainistes qui s'apprêtent à voter pour le NPD le sont-ils encore? Probablement. En un sens, du moins. On comprend qu’ils voteraient «oui» à la souveraineté, mais ils croient ou sentent que l'époque ne nous pousse pas vers un prochain référendum et ne se sentent plus obligés, pour cela, de voter pour le Bloc. Et ils se reconnaissent quand même suffisamment, d'une manière ou d'une autre, dans le programme du NPD pour s'enthousiasmer pour lui – quand ce n'est pas le cas, ils sont suffisamment hostiles au gouvernement Harper pour faire de sa défaite électorale leur priorité politique.

Mais je me demande une chose: qu'est-ce que nos souverainistes convertis à la gauche pancanadienne sur la scène fédérale attendent d'un gouvernement NPD? Que souhaitent-ils de sa part? En un mot, qu'espèrent-ils de ce qu’on pourrait peut-être nommer un «beau risque progressiste»? J'essaie de le comprendre, mais je n'en suis pas certain. Veulent-ils simplement un Canada gouverné à partir de valeurs de gauche? Dans ce cas, si le Canada se laisse redéfinir dans une perspective progressiste, nos souverainistes de «gauche» seront-ils tentés de s'identifier au Canada, en y reconnaissant finalement leur pays? Leurs convictions souverainistes se ramolliront-elles?

Souhaitent-ils plutôt un Canada plus ouvert au Québec? En un mot, y a-t-il une motivation nationaliste dans leur vote? Mais dans ce cas, à partir de quels critères définiront-ils cette ouverture au Québec? Nos souverainistes de gauche ont souvent tendance à dire que ce qui caractérise l’identité québécoise, ce sont justement les valeurs progressistes, qu’il s’agisse de l’écologisme, du féminisme, du pacifisme ou de la social-démocratie. Considéreront-ils qu’un gouvernement néo-démocrate assumant clairement ces valeurs progressistes sera par définition favorable au Québec, même s’il se montre très centralisateur?

Espèrent-ils plutôt d’un gouvernement néo-démocrate qu’il tolère ou favorise une forme de fédéralisme asymétrique, respectueux de la différence québécoise? Mais alors, autour de quels enjeux voudraient-ils donner un peu de chair à cette société distincte québécoise? Autrement dit, quels sont les grands enjeux qu’ils voudraient voir directement dépendre de l’Assemblée nationale et non plus du gouvernement fédéral? À quelles conditions, autrement dit, les souverainistes ralliés à Thomas Mulcair seront-ils satisfaits des orientations d’un gouvernement néo-démocrate?