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Troubles d’apprentissage, une crise nationale?

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Si un Québécois sur cinq, soit 20 % de la population, souffrait d’un trouble du sucre dans le sang appelé diabète, il y a fort à parier qu’un gouvernement moyennement responsable voudrait comprendre – et réduire – cette fâcheuse statistique. (Le diabète touche 10 % des Québécois.)

Si un Québécois sur cinq, soit 20 % de la population, souffrait d’un trouble du sucre dans le sang appelé diabète, il y a fort à parier qu’un gouvernement moyennement responsable voudrait comprendre – et réduire – cette fâcheuse statistique. (Le diabète touche 10 % des Québécois.)

Depuis une décennie environ, à la rentrée scolaire, les médias ne parlent plus que de TDA, TDAH, de dysphasie et de dyspraxie, du syndrome de Gilles de la Tourette (paraît qu’il faut dire son nom au complet) et autres formes d’autisme.

Cette année, cette discussion est centrée sur la réduction des services aux enfants ayant des besoins particuliers, austérité oblige.

Les vrais coupables ?

Je dénonce toutes les compressions en éducation, mais les commissions scolaires annoncent plus souvent des coupes dans les services qui vont mettre la population en colère que l’abolition de postes administratifs et de jobs de cadres anonymes. C’est plus payant politiquement quand on est en guerre pour sauver son royaume, sa commission scolaire, de faire porter le blâme au méchant ministre.

Je digresse, pardon. Un Martien qui débarque au Québec demain matin pourrait croire que la majorité des petits Québécois ont des besoins particuliers à l’école. Il faut parler d’eux, mais pas que d’eux! L’élève bolé, mais pauvre, l’élève moyen qui bûche pour réussir et celui qui se décrotte le nez dans le fond de la classe n’ont jamais droit aux manifs pour défendre leur droit de recevoir une éducation de qualité. Ce que tous savent impossible quand un prof se retrouve avec une classe de 28, dont 12 qui ont un trouble d’apprentissage.

Les troubles comme le trouble de déficit de l’attention (TDA) sont remis en question par plusieurs scientifiques. J’y crois, car ma plus jeune en souffre. Même adulte, demeurer concentrée continue d’exiger d’elle beaucoup d’efforts. Si elle a réussi des études universitaires, c’est peut-être parce qu’elle ignorait qu’elle avait un TDA.

Urgence d’agir

Autant d’enfants atteints d’autant de troubles, de syndromes et de maladies dont personne ne parlait avant devraient nous inquiéter. Pose-t-on les bonnes questions? Que dit la science? Pourquoi? Comment? Que faire? Les chiffres ne cessent d’augmenter. Quand va-t-on parler prévention? Et quel est le rôle de l’école?

On a préféré pelleter dans la cour des écoles le «redressement» de ces petits roseaux qui poussent un peu croche. Or, la tâche des enseignants, c’est transmettre des connaissances, pas de faire de la psychopédagogie. Il y a des spécialistes pour cela.

L’école ne peut porter seule le poids de cette déferlante de troubles d’apprentissage, vrais ou imaginés.

Il serait temps de se questionner sérieusement, en acceptant de se regarder à nu. Oui, vous parents jamais disponibles, mentalement ou physiquement, je pense à vous. (Je connais quelques enfants qui souffrent de dysphasie/dyspraxie: tous ont un parent avec une dépendance).

Il y a sans doute surdiagnostic ainsi que des cancres qui se faufilent, mais qu’attend la «santé publique» pour se pencher sur la question?

Nous serions en train de sacrifier un enfant québécois sur cinq.

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