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Doublement pénalisé par la Ville

Un restaurateur souffre d’un chantier abandonné, mais ne peut afficher son menu pour attirer des clients

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Un restaurateur qui souffre à cause d’un chantier abandonné depuis plus de 100 jours par la Ville est scandalisé que les publicités qu’il a installées pour survivre pourraient lui valoir de lourdes amendes.

Théo Dranias devra payer de 600 $ à 4000 $ par jour s’il conserve une des deux enseignes amovibles qu’il a posées devant son restaurant Petros, situé au coin des rues Notre-Dame et Guy, à Montréal.

«C’est insensé! Je fais ça pour assurer la survie de mes restos qui subissent les impacts de ce chantier depuis des mois», déplore M. Dranias, aussi propriétaire d’un second restaurant situé juste à côté.

Une fuite d’eau souterraine survenue au printemps a forcé l’excavation de la rue Guy par l’arrondissement du Sud-Ouest. Celui-ci confirme qu’aucun ouvrier n’a travaillé sur ce chantier depuis juin, car la Ville doit d’abord terminer des travaux sur une conduite d’eau située à une autre intersection non loin. 

Trou abandonné

Selon M. Dranias, le trou abandonné aggrave la congestion sur la rue Notre-Dame à l’heure de pointe et rend difficile le stationnement, ce qui entrave l’accès à son restaurant. «C’est sûr que je perds des clients à cause de tout ça», assure le restaurateur, sans être en mesure de chiffrer le montant de son manque à gagner.

C’est justement dans l’espoir d’augmenter ses revenus qu’il a décidé il y a quelques semaines d’ouvrir son restaurant Petros les midis. Pour attirer les clients dans son établissement, il a posé deux pancartes sur le trottoir, une annonçant l’ouverture, l’autre présentant les spécialités grecques du midi.

Avis d’infraction

Sauf qu’un inspecteur de la Ville est passé il y a deux semaines et a remis un avis d’infraction au propriétaire portant sur l’enseigne présentant son menu. Selon le règlement de la Ville, «les enseignes amovibles sont interdites sur le domaine public».

«Dans les circonstances, la Ville pourrait faire preuve d’un peu de tolérance», estime M. Dranias, qui est établi depuis trois ans sur la rue Notre-Dame. Ce dernier estime que la Ville n’en fait pas assez pour aider les commerçants qui souffrent des contrecoups des travaux. «Je comprends qu’il y ait des règlements, mais si on veut que les commerçants de la ville survivent, il faut savoir être plus souple», croit-il.

«Le commerçant doit tout se conformer à la règlementation et l'inspecteur a fait son travail comme il se doit. Le citoyen a demandé une extension de délais pour se conformer et l'arrondissement lui accordera sans problème», a indiqué Catherine Maurice, porte-parole du maire Coderre.

Un chantier «mal foutu», selon des résidents

Le chantier abandonné au coin des rues Notre-Dame et Guy sème la grogne dans le secteur et empêche même certains résidents de dormir.

«C’est mal foutu! La plaque qui recouvre le trou est mal installée, ce qui cause un boucan d’enfer lorsque les voitures passent dessus», dénonce Jean-Paul Guilloux, qui habite dans le secteur et gère un restaurant non loin de ce chantier délaissé depuis le printemps.

Le restaurateur dit avoir déposé une plainte à la Ville il y a une dizaine de jours concernant ce chantier, mais n’a toujours pas reçu de réponse.

«Ça bloque la circulation et ça dérange les clients attablés à mon restaurant», insiste M. Guilloux, qui exhorte l’arrondissement du Sud-Ouest à fixer la plaque de métal d’ici à ce que les travaux soient effectués.

Bris majeur

Un autre résident, Édouard Jurick, a interpellé directement le conseiller

Lionel Perez pour obtenir des réponses relativement à ce chantier.

Dans un courriel adressé à M. Jurick et datant de la semaine dernière, M. Perez, responsable des infrastructures au comité exécutif, explique que «la situation s’est complexifiée» lorsque la Ville a découvert que la fuite d’eau survenue au printemps provenait d’une conduite principale.

«Une seconde fuite d’eau a été découverte, toujours sur la rue Guy, mais cette fois près de la rue Paxton», explique M. Perez, qui souligne que cette fuite doit être réparée en premier, après quoi la Ville pourra s’attaquer à la réparation de la conduite principale.

Le chargé de communication à l’arrondissement du Sud-Ouest, Thierry Larrivée, explique lui aussi ce long délai par une coordination des multiples travaux à effectuer avec la Ville centre.

 

 

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