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La marée migratoire

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La photo bouleversante d’un petit Kurde échoué sur les côtes de Turquie a saisi le monde d’effroi en donnant un visage à la crise des migrants, qui ne date pourtant pas d’hier. Elle a heurté nos sentiments les plus intimes.

La photo bouleversante d’un petit Kurde échoué sur les côtes de Turquie a saisi le monde d’effroi en donnant un visage à la crise des migrants, qui ne date pourtant pas d’hier. Elle a heurté nos sentiments les plus intimes.

Ce jeune garçon n’était pas censé mourir ainsi, avant même d’avoir vécu. L’être humain fonctionne à l’émotion: il est normal qu’il veuille faire quelque chose. On accordera peut-être enfin l’importance qu’elle mérite à cette véritable marée migratoire. Mais que faire? Telle est la question. La réponse, encouragée par les grands médias, est malheureusement d’un simplisme dérisoire: il faudrait ouvrir grandes les portes et accepter les migrants tels qu’ils se présentent, massivement et brutalement.

Ce serait un devoir humanitaire et il ne serait pas permis d’en douter. À ceux qui douteront malgré tout, en disant qu’on ne peut accueillir toute la misère du monde, on jettera l’anathème. Ils manqueraient d’humanité.

Ouvrir les portes ?

Pourtant, on l’a vu avec les sondages qui ont suivi la diffusion de cette photo, l’opinion européenne, notamment française, demeure sur ses positions: elle veut aider, mais ne consent pas à l’accueil massif. La chose est simple: l’Europe déborde déjà. L’immigration massive des dernières décennies, à laquelle les peuples européens n’ont jamais vraiment consenti, a causé d’immenses problèmes au continent, qu’il cherche à résoudre péniblement, sans trop y parvenir.

Le droit des réfugiés n’a pas été pensé pour de telles marées humaines. Il est pratiquement caduc et force chacun à innover. Que faire alors ?

Dans les faits, en faisant comme si les frontières n’existaient plus, les sociétés européennes consentiraient, l’espace de quelques années, à la formation chez elles de grosses minorités ethnoreligieuses qui – on peut en être à peu près certain – ne s’intégreront jamais. Car la vague actuelle en appellera une autre, puis une autre.

Surtout qu’il faut voir que cette marée humaine n’est pas seulement composée de réfugiés, mais aussi, d’immigrants illégaux économiques.

La possibilité d’une submersion démo­graphique progressive des pays européens est réelle. On les comprend, en quelque sorte, de se défendre contre cette éventualité. Quoi qu’on en dise, un pays n’est pas un espace neutre, sans histoire ni culture, où l’on peut entasser sans précautions des popu­lations n’ayant rien en commun. Dire le contraire, c’est pousser la civilisation européenne au suicide. Un pays est-il encore en droit de se deman­der quelles sont ses capacités d’intégration?

Que faire ?

Le droit des réfugiés n’a pas été pensé pour de telles marées humaines. Il est pratiquement caduc et force chacun à innover. Que faire alors? Car il ne faut certainement pas rester les bras croisés.

On peut raisonnablement croire que chaque pays peut accepter temporairement un peu plus de réfugiés et construire des camps humanitaires et sécuritaires pour répondre à la crise actuelle. Les pays doivent aussi secourir en mer les naufragés et chercher à sauver toutes les vies possibles. Mais ils doivent aussi prendre les moyens pour que se taris­se le flot migratoire, pour redonner à l’Europe de vraies frontières et dissuader clairement la migration. Ils devront surtout casser les passeurs et autres ignobles organisateurs de ce trafic humain sans précédent et faire comprendre aux «migrants» qu’ils ne sauraient sérieusement espérer un accueil massif en Europe. Il faudra enfin prendre au sérieux la lutte militaire contre l’État islamique et stabiliser le Moyen-Orient.

Pour le dire d’un euphémisme, ce ne sera pas simple.

 

 

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