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Le SPVM devra créer une liste de criminels qui seront bannis du Buonanotte

Le propriétaire du restaurant Buonanotte, Massimo Leca
Photo Le Journal de Montréal, CHRISTOPHER NARDI Le propriétaire du restaurant Buonanotte, Massimo Leca.

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Le propriétaire du célèbre restaurant Buonanotte, que la police accuse d’attirer motards et mafieux, se réjouit de pouvoir finalement interdire l’accès de son établissement aux criminels.

Grâce à une entente sans précédent avec la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) hier, la police de Montréal devra dorénavant fournir à Massimo Lecas une liste de criminels qui ne peuvent pas fréquenter les bars ou restaurants selon leurs conditions de libération. S’ils se présentent, les policiers seront appelés pour les arrêter.

«Il y a très peu de chances que les criminels sur la liste se pointent maintenant chez nous. Et si ça arrive, on a maintenant un motif légal pour les expulser. S’ils ne veulent pas partir, c’est à la police de venir les arrêter. Avant, toute la responsabilité était sur nous, mais on n’avait aucun pouvoir», explique M. Lecas.

La police de Montréal se plaint depuis sept ans que le restaurant de la rue St-Laurent attire souvent les motards et autres membres du crime organisé. Le restaurant a également été le théâtre de plusieurs actes violents, dont certains impliquaient des gangs de rue.

Pour sa part, M. Lecas leur répond qu’il ne pouvait pas expulser un client paisible s’il ne commettait pas d’actes criminels.

«Si un mafieux entrait dans le restaurant, mangeait calmement, payait sa facture, laissait un bon pourboire et quittait en paix, qu’est-ce que je pouvais lui dire? La police voulait que je l’expulse tout de suite, mais il ne faisait rien de mal chez moi et je n’avais aucun recours légal pour le sortir», déplore le propriétaire.

Il espère tout de même que cette entente, qui attend d’être ratifiée par le tribunal de la RACJ, établira un précédent pour d’autres bars. Celle-ci mettrait fin au litige entre la Régie et le Buonanotte, qui traîne depuis 2007.

Fermeture de 40 jours

Ce n’est pas l’ensemble de l’entente avec la RACJ qui réjouit toutefois le restaurateur, alors que celle-ci exige que les policiers mettent le Buonanotte sous verrou pendant 40 jours.

Soulignons que le restaurant a également commis plusieurs infractions en lien avec le bruit, des bouteilles d’alcool non timbrées ainsi que la présence de clients bien au-delà de l’heure de fermeture obligatoire.

«C’est une suspension qui est très sévère et ça va faire mal à mon entreprise et mes 100 employés, c’est sûr. Mais je l’ai acceptée pour éviter davantage de problèmes avec la Régie», explique M. Lecas.

Détecteurs et fouilles

Afin de réduire le nombre d’actes violents au restaurant, la RACJ exige aussi que les portiers soient équipés de détecteurs de métal portatifs et qu’ils fassent des fouilles aléatoires des clients.

La direction du restaurant s’engage aussi à remettre la vidéo des caméras de surveillance à la police si un incident violent se produit.

Grâce à cette entente, la Régie, la police de Montréal et M. Lecas espèrent en finir avec les litiges qui les opposent.

«Je ne veux plus vous revoir ici», a conclu le régisseur Jean Lepage à la fin de l’audience d’hier matin.