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Une inversion de sens de rue fait fermer son commerce

Jérôme Pelletier, du Boucanier, spécialisé dans les poissons fumés. Le commerçant du Plateau a fermé définitivement ses portes vendredi, après le changement de sens d’une portion de la rue Marquette, qui a fait fuir ses clients en auto.
Martin Alarie Jérôme Pelletier, du Boucanier, spécialisé dans les poissons fumés. Le commerçant du Plateau a fermé définitivement ses portes vendredi, après le changement de sens d’une portion de la rue Marquette, qui a fait fuir ses clients en auto.

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Le maire Luc Ferrandez vient de faire une autre victime sur l’avenue Mont-Royal. Un changement de sens de rue est responsable de la fermeture du fumoir Boucanier Menus Saveurs.

«Je ne suis pas un anti-Ferrandez. Mais sa décision de changer le sens de la rue Marquette à tous les coins de rue a tué mon commerce. Il m’a enlevé 20 % de mes clients hors du quartier qui venaient en auto», peste Jérôme Pelletier.

Jérôme Pelletier, du Boucanier, spécialisé dans les poissons fumés. Le commerçant du Plateau a fermé définitivement ses portes vendredi, après le changement de sens d’une portion de la rue Marquette, qui a fait fuir ses clients en auto.
Photo Le Journal de Montréal, Martin Alarie

Le propriétaire du Boucanier Menus Saveurs proposait depuis cinq ans des poissons fumés et des plats à emporter.

Mais en janvier, l’arrondissement Plateau-Mont-Royal a décidé de changer le sens d’une petite portion de la rue Marquette pour empêcher les banlieusards de la Rive-Sud de se servir de la petite rue comme voie de contournement lorsque l’avenue Papineau était congestionnée, soit tous les jours à l’heure du retour à la maison.

À partir de ce moment, les autos entre les rues Marie-Anne et Mont-Royal devaient rouler vers le nord. Mais le reste de la rue est demeuré en direction sud, ce qui a enclavé son commerce. Devant cette embûche, les non-résidents semblent avoir choisi de ne plus y faire d’arrêt.

«On a changé le sens d’un bout de rue sans me l’annoncer. Ensuite, on m’a bien fait comprendre qu’on n’allait pas annuler la décision à cause de mon commerce.» – Jérôme Pelletier

Le commerce annonçait vendredi sa fermeture en raison d’une situation qu’il estimait intenable.

«Nous avons vécu une baisse énorme d’achalandage. Nous avons tout essayé depuis les six derniers mois, mais sans succès», peut-on lire sur la façade du commerce.

Un incendie en juillet dernier dans le commerce voisin ayant endommagé sa boutique a accéléré sa décision de fermer définitivement le Boucanier.

Une situation évitable

«Le maire du Plateau est conséquent. Il fait ce qu’il a promis. Cela dit, je suis certain qu’on aurait pu éviter que Marquette devienne une voie de contournement sans sacrifier de commerçants», dit-il. Il pense entre autres à l’utilisation de dos d’âne pour décourager les automobilistes.

«Ça n’aurait pas suffi, estime la conseillère d’arrondissement Marianne Giguère. Oui on perd un commerçant, mais on améliore la quiétude de milliers de résidents. Il faut faire des choix».

Ironiquement, le Boucanier Menus Saveurs a été finaliste au titre de commerce de l’année par la Société de développement de l’avenue du Mont-Royal en mars dernier, soit deux mois après le début de la fin.

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