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Descente de police chez les yakuza, mafia japonaise

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TOKYO - La police japonaise a annoncé mercredi avoir fait une descente dans les bureaux d’un groupe de yakuza dissident, alors que l’on craint des violences à la suite d’un récent schisme au sein du plus important gang de mafieux du pays.

Les autorités ont mené cette opération dans la ville de Kobe, dans l’ouest de l’archipel, sur des allégations d’obtention par des membres du Yamaken-gumi, un sous-groupe de cette nouvelle organisation, de cartes de crédit et de codes secrets de personnes âgées, en se déguisant en policiers, a rapporté l’agence de presse Jiji.

Les policiers voulaient ainsi se procurer plus d’informations sur cette nouvelle formation de yakuza, officiellement créée le week-end dernier.

Les autorités ont confirmé à l’AFP la descente de police sans vouloir donner de détails.

Les dirigeants de 13 factions évincés du plus grand groupe mafieux du Japon, le Yamaguchi-gumi, fort de 23 000 membres et associés, ont organisé leur première réunion formelle samedi à Kobe, selon la presse japonaise.

Ils ont choisi le chef du Yamaken-gumi, qui revendique 2000 membres, pour diriger le groupe dissident, de 3000 membres au total, selon le quotidien à grand tirage Yomiuri.

Tout comme leurs cousins italiens (la mafia) ou chinois (les triades), les yakuza vivent notamment du jeu, de la drogue et de la prostitution, mais ils se sont aussi immiscés au fil des années dans de nombreux secteurs d’activité (BTP, recyclage, recrutement de personnel, etc.) où ils perturbent les règles et rackettent des sociétés.

L’existence de ces clans en tant que tels est autorisée, bien qu’une partie de leurs activités soit interdite. D’après les sociologues, la présence des yakuza réduit la petite délinquance qui est "contrôlée" par ces organisations.

Les interventions de la police et ses efforts pour réduire les sources de financement du Yamaguchi-gumi s’intensifient, tandis que l’image de plus en plus négative des mafieux et une économie atone rendent la vie des gangsters plus difficile et moins attrayante pour les nouvelles recrues, soulignent des spécialistes de ce milieu.