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Trudeau au diapason des «valeurs québécoises»

Trudeau au diapason des «valeurs québécoises»

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Permettre les déficits, taxer les riches, améliorer l’assurance chômage... Justin Trudeau s’aligne progressivement sur les enjeux chers aux Québécois...

N’eût été le legs de son père et le malaise que provoque le souvenir de Jean Chrétien, il aurait déjà fait un malheur.

Mais, dans la Belle Province, le PLC n’est pas en meilleure posture que le Bloc; il est, lui aussi, devant un champ de ruines.

Étonnamment, M. Trudeau ne fait pas si mal durant cette interminable campagne électorale. Peu importe qu’il ne soit pas un tribun exemplaire, les médias électroniques ont depuis longtemps standardisé les messages aux électeurs et les télésouffleurs du 22 heures font un travail remarquable...

M. Trudeau s’est notamment distingué en plaidant courageusement en faveur des déficits budgétaires. Autant qu’il en faudra, a-t-il fait comprendre.

Au Canada, on a sourcillé. Dans le ROC, on a encore du respect pour les fonds publics. Le chef libéral a probablement touché au cœur bon nombre de Québécois, surtout à gauche, là où la dépense publique est sacrée.

M. Trudeau a touché la cible sans le savoir: au Québec, les déficits ne font plus scandale. On y voit plutôt une forme d’aide humanitaire. Ici, universités, cégeps et hôpitaux s’enfoncent dans l’endettement dans l’indifférence générale. Inutile d’en faire la manchette...

C’est l’équilibre budgétaire qui fait hurler l’élite bien-pensante, heurtée quotidiennement par une chose ou une autre. Refuser une subvention ou la réduire condamne aujourd’hui les gouvernements à l’anathème. Refuser une dépense, c’est comme répudier des réfugiés. Stephen Harper sait depuis des années à quoi s’en tenir.

Universitaires, fonctionnaires, leaders syndicaux, étudiants trentenaires et syndiqués à domicile: la nébuleuse socialiste dénonce la moindre entrave à la dépense; au Québec, l’équilibre budgétaire a quelque chose d’inhumain.

M. Trudeau n’est pas en reste devant une autre «valeur québécoise»: la fiscalité. Il promet ces jours-ci d’augmenter l’impôt des mieux nantis! Chiche! On finira par les avoir les riches!

Et il promet aussi des milliards en plus dans l’assurance chômage. De quoi faire des gains en Gaspésie, en Mauricie et à Montréal.

Si les Québécois l’écoutaient davantage, M. Trudeau pourrait nourrir les plus grands espoirs, surtout qu’il marque des points chez nos voisins ontariens.

Diriger le Canada dans une alliance sacrée de l’Ontario et du Québec! Un retour aux sources du Canada de naguère! Le Haut et le Bas-Canada, unis à nouveau dans ce 21e siècle ahurissant: «Québec/Ontario! À nous les transferts fédéraux!»

Un rêve malheureusement hors de portée pour Justin Trudeau. Sûrs de leur flair, les Québécois voteront orange. Tous les sondages le prédisent, ils voteront pour Tom même s’ils le connaissent à peine. Même s’ils ne savent pas ce que propose le NPD. Même s’ils risquent de déchanter...

Ils voteront orange en croyant donner un sens à leur incohérence. Ils liquideront le Bloc au passage, en toute connaissance de cause...

Et ce geste sera empreint d’une joyeuse naïveté. On votera pour Tom comme pour Layton, quasiment «pour le fun»...

Et dire que, dans un peu plus d’un mois, la deuxième défaite du Oui aura 20 ans.

On ne s’étonnera pas de voir le ROC rigoler un bon coup...