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Aluminerie Alouette et le gouvernement s'entendent sur un tarif énergétique

Un accord sur la tarification électrique pourrait conduire à une expansion

Le premier ministre Philippe Couillard a profité de son passage pour visiter les installations de l’Aluminerie Alouette à Sept-Îles.
Photo courtoisie Le premier ministre Philippe Couillard a profité de son passage pour visiter les installations de l’Aluminerie Alouette à Sept-Îles.

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Philippe Couillard a annoncé jeudi une entente de principe sur la tarification électrique, survenue entre Québec et l’Aluminerie Alouette et qui devrait entrer en vigueur dès 2017, permettant ainsi le lancement des études de préfaisabilité pour la troisième phase d’expansion de l’entreprise, évaluée à plus de 2 milliards de dollars en investissements.

Le premier ministre Philippe Couillard et les ministres de l’Économie et de l’Énergie, Jacques Daoust et Pierre Arcand, étaient à l’Aluminerie Alouette pour annoncer l’entente survenue entre l’entreprise et le gouvernement, après une longue négociation concernant son tarif énergétique.

Si les études de préfaisabilité s’avèrent concluantes, le projet de la phase 3 du plus gros employeur de Sept-Îles pourrait donc s’amorcer entre décembre 2017 et décembre 2019, créant des centaines d’emplois.

«C’est vraiment notre avenir à nous. On va se le dire entre nous: il y en a qui ont du pétrole, moi, je pense que, d’ici la fin du siècle, le pétrole ne sera plus où il est aujourd’hui dans notre société», a lancé le premier ministre du Québec, à propos de l’aluminium. «Je suis bien plus content de compter sur cet avenir-là que sur le pétrole. C’est notre pétrole à nous autres», a poursuivi Philippe Couillard, lors de l’annonce.

La formule de tarification dont bénéficiera Alouette est dite à partage de risques liés au prix de l’aluminium. Elle comprend aussi l’accès à un nouveau bloc d’énergie de 70 MW à tarif concurrentiel pour ses phases actuelles.

Le gouvernement a toutefois refusé de préciser combien Alouette paiera son électricité.

«Le tarif permet à l’entreprise de rester compétitive à l’international et également à l’intérieur du Québec. Ce qui est offert à Alouette est équitable par rapport à ce qui a été offert aux autres alumineries du Québec. Ce n’est pas rigoureusement identique parce qu’il n’y a pas une usine ni une région qui se compare à une autre», a souligné M. Couillard.

L’entente serait en vigueur dès le 1er janvier 2017 et s’échelonnerait jusqu’en décembre 2029.

Gaz naturel

En échange, Alouette s’est engagée également à soutenir l’avenir du gaz naturel au Québec en amorçant des démarches pour la possible réalisation d’un projet de 10 M$ qui lui permettrait de faire la conversion du gaz naturel liquéfié sur son site de la Pointe-Noire. Elle poursuivra ses efforts pour doter la Côte-Nord d’un terminal de gaz naturel. L’aluminerie investira plus de 400 M$ d’ici 2020, notamment grâce au développement technologique.

Elle rendra aussi disponibles 50 000 tonnes d’aluminium auprès des transformateurs québécois, avec une préférence pour les transformateurs de la Côte-Nord.

Négociation de longue haleine

Ce printemps, Alouette a lancé un ultimatum clair au gouvernement du Québec: si elle ne réussissait pas à obtenir un tarif énergétique avantageux, son investissement de 2 milliards de dollars pour réaliser son projet d’expansion phase 3 pourrait être compromis.

L’aluminerie s’était donné jusqu’à l’été pour faire aboutir ses négociations avec Québec. Elle souhaitait obtenir un tarif similaire à celui qu’a obtenu Alcoa en 2014, au moment où cette entreprise menaçait de fermer ses trois alumineries de la province.

Alouette payait 4,8 ¢/kWh, selon son président-directeur général, Claude Boulanger.

Aluminerie Alouette est le plus grand employeur de Sept-Îles, car elle procure 1000 emplois directs et plus de 1300 indirects.

Période difficile pour la Côte-Nord

La semaine dernière, Rio Tinto Fer et titane a annoncé des centaines de mises à pied temporaires pour cinq mois à partir d’octobre, à ses installations de Havre-Saint-Pierre.

«Ce n’est certainement pas une nouvelle heureuse pour ces familles, mais il y a d’autres projets miniers qui avancent sur la Côte-Nord, malgré le fait qu’on est dans une période où les cours des métaux sont bas», a indiqué le premier ministre.

Il a fait mention de 17 projets liés au Plan Nord. Philippe Couillard a également souligné que les discussions avec Rio Tinto concernant les tarifs d’énergie se poursuivaient toujours. «Je peux dire que les conversations là-dessus avancent très bien», a-t-il laissé savoir.

 

Tarification dont bénéficiera Alouette

  • Formule «à partage de risque liée au prix de l’aluminium»
  • Elle comprend l’accès à un nouveau bloc d’énergie de 70MW
  • Le gouvernement a refusé de préciser combien l’aluminerie paiera son électricité

Alouette procure 1000 emplois directs et plus de 1300 emplois indirects à Sept-Îles.

 

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