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Rudy Caya ne regrette rien

Quebec
Photo Le Journal de Québec, Stevens LeBlanc ​Un nouvel album pour Vilain Pingouin? «On ne dit pas non. Mais tout le monde a des jobs et c’est dur de tous se réunir», dit Rudy Caya.

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Presque totalement remis d’un AVC subi au printemps, Rudy Caya n’a pas mis de temps à remonter sur les planches avec ses potes de Vilain Pingouin pour fêter les 25 ans du groupe dont le catalogue de succès radio fait sûrement l’envie de bien des artistes québécois. À quelques jours d’un concert au Cercle, à Québec, cet amoureux de la vie, qui a toujours refusé de jouer à la star, a parlé sans filtre avec Le Journal de musique, politique et suicide.

Les chansons de Vilain Pingouin dans les années 1990 abordaient des thèmes sociaux forts. Chanterais-tu la même chose aujourd’hui?

«Oui, sauf pour une seule, Le droit de chialer, dans laquelle je disais qu’il fallait voter pour se donner le droit de critiquer le gouvernement. J’ai travaillé pour le compte du Bloc québécois et ça m’a appris que pour avoir le droit de chialer, ça prend plus qu’un vote. Il faut s’impliquer activement.»

Donc, outre Le droit de chialer, ton discours resterait le même...

«Tout à fait. Sauf qu’avant, c’était des chansons. Maintenant, c’est du vécu. Salut Salaud, je la pensais quand je la chantais, mais c’était rationnel. Puis, il y a trois ans, le père de la meilleure amie de ma fille s’est suicidé et je n’ai pas du tout changé d’opinion. Elle finit son secondaire l’an prochain et son père ne sera pas au party. Moi, je ne serais jamais capable de me suicider à cause de mes enfants.»

Quand on écoute votre compilation sortie l’an dernier, on réalise que Vilain Pingouin a eu beaucoup de succès à la radio. Pourtant, vous allez jouer au Cercle, une petite salle, la semaine prochaine. Dirais-tu que Vilain Pingouin est un groupe sous-estimé?

«Mais c’est pour ça qu’on a duré. On a toujours réussi à être sous les radars. Et dès que quelqu’un s’enflait la tête, il se faisait thrasher par les autres membres du band. En plus, si on se prenait au sérieux, nos tounes dans lesquelles on parle du monde ordinaire sonneraient faux. Dans la société, tout le monde est aussi important.»

Quand même, tu dois être fier de ce que vous avez accompli?

«Non, je dirais plutôt que je ressens de la gratitude. J’ai vécu une estie de belle vie et j’ai été pauvre pas mal tout le temps. Un jour, je vais me faire tatouer une phrase que m’a dite Hugo, le chanteur des Sainte Catherines: Les poches vides, mais le cœur et la tête bien pleins de souvenirs et d’amour.»

Est-ce qu’un AVC a changé ta façon de voir la vie?

«Pas vraiment, car j’ai toujours savouré la vie. Je suis dépendant affectif de la vie. Quant à la réhabilitation, ça va super bien. Je devance de moitié les échéanciers de mon médecin.»

Vilain Pingouin sera au Cercle, le 12 septembre.