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Les jardins d’eau du château d’Annevoie

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ANNEVOIE-ROUILLON, Wallonie (Belgique) | Ici, un angelot souffle l’eau dans un cornet; là, l’eau jaillit d’un éventail en forme de queue de paon; là-bas, l’eau chantonne en dévalant une petite cascade. Aux jardins d’Annevoie, l’eau est partout.

Elle gicle sous toutes sortes de formes aux abords du château et dans le parc où les plates-bandes alternent avec la forêt plantée de tilleuls, de hêtres, de marronniers, de ­platanes et de charmes.

Couvrant 18 hectares, les jardins d’eau du château d’Annevoie, conçus en 1758, sont uniques du fait qu’ils associent bien des styles différents. Ainsi se côtoient le jardin à la française avec ses parterres taillés au ­cordeau, le jardin à l’anglaise avec sa nature corrigée, le jardin à l’italienne avec ses statues et ses jets d’eau, le jardin romantique avec ses allées et ses haies pour jouer à cache-cache, le jardin d’herbes médicinales.

Le propriétaire des lieux, Charles-Alexis de Montpellier, membre d’une riche famille ­d’industriels belges, avait en projet de créer une propriété dotée de jardins qui ressembleraient à Versailles.

La configuration du terrain le dissuada d’aménager de vastes jardins à la française. Finalement, mettant à profit l’existence de sources sur l’une des collines de sa vaste propriété, il fit installer un système d’adduction d’eau long d’un kilomètre afin d’alimenter les bassins des jardins. Pour ce faire, il fit mettre en place des canalisations et creuser un réseau de canaux. L’installation datant du milieu du XVIIIe siècle fonctionne toujours. Certains des platanes du parc datent ­également de la même époque.

Égayant le parc, les trompe-l’œil en fonte sont les mêmes que le propriétaire avait fait fabriquer dans l’usine métallurgique, située non loin de là, où il employait 2000 ouvriers.

À la fois châtelain, patron et bourgmestre (maire), Charles-Alexis de Montpellier était, dit-on, très aimé de ses ouvriers et de la ­population tout entière qui pouvaient d’ailleurs avoir accès aux jardins d’eau du château.

Ouverts à tous

Ouverts au public depuis 1952, les jardins offrent un spectacle naturel bien différent chaque saison. À l’automne, grâce à la ­grande diversité d’arbres feuillus, les allées se parent d’une belle palette de couleurs. Au printemps et en été, les parterres se ­distinguent par leur richesse florale.

Le calendrier d’animation permet de parer les jardins de touches particulières, comme l’événement Costumés de Venise, la première fin de semaine de mai, où l’on voit parader de drôles de visiteurs vêtus de costumes et portant des masques tout droit sortis de la tradition du célèbre carnaval de la ­Sérénissime.

Autant les visiteurs peuvent aller et venir dans toutes les sections des jardins, autant le château lui-même n’est pas ouvert au public.

Jouxtant l’entrée des jardins, le restaurant le Bocow, exploité par un jeune couple fort sympathique, met en valeur des produits et des recettes de Wallonie. Les plats sont ­servis dans des bocaux à l’ancienne. Ce jour-là, le menu proposait de la carbonnade de bœuf, un suprême de pintade et du jambonneau sauce moutarde. La carte des boissons fait la part belle aux bières régionales et ­nationales, ainsi qu’aux vins belges.

 

REPÈRES

  • Annevoie-Rouillon se situe à 17 km de Namur et à 83 km de Bruxelles.
  • Une bonne table sympathique aux abords des jardins: le Bocow (www.bocow.be)
  • Une table gastronomique dans les environs: Le Darville, à Wierde (www.ledarville.be)
  • Un hôtel de charme: Le Welcome, 23, quai du Bois à Brûler, Bruxelles. Accueil chaleureux. Le décor de chacune des chambres est consacré à un pays. Info: www.hotelwelcome.com