/opinion
Navigation

L’austérité au Québec : couper et affecter les services

Coup d'oeil sur cet article

Selon le gouvernement, l’austérité est une vue de l’esprit. Bien sûr, on exige des efforts pour redresser les finances de l’État, mais il s’agit plutôt de rigueur. De couper dans le gras. De rendre plus efficace ce qui existe déjà. Mais sans affecter les services. La réalité rattrape pourtant le spin médiatique.

Selon le gouvernement, l’austérité est une vue de l’esprit. Bien sûr, on exige des efforts pour redresser les finances de l’État, mais il s’agit plutôt de rigueur. De couper dans le gras. De rendre plus efficace ce qui existe déjà. Mais sans affecter les services. La réalité rattrape pourtant le spin médiatique.

À quelques reprises, des nouvelles ont filtré sur des compressions qui frappent l’imaginaire, qui touchent des symboles. Rapidement, le gouvernement a réagi pour dire qu’il fallait couper ailleurs. On a ainsi sauvé les bibliothèques scolaires, le magazine Les Débrouillards, l’observatoire du Mont-Mégantic, la Banque de données des statistiques officielles sur le Québec et quelques autres gros morceaux.

Rigueur ? Non, austérité

Malgré cela, dans la plupart des cas, l’austérité continue sa marche dans les institutions du Québec. Tous les secteurs, toutes les régions sont touchés, mais souvent de manière moins spectaculaire, sans faire la une des journaux. On sent qu’il se passe quelque chose, mais quoi?

D’après nos calculs conservateurs (certaines mesures nous échappent ­assurément et, quand deux sources ne parlent pas du même montant, on choisit le plus petit), ce sont près de 3,6 milliards de dollars qui ont été coupés un peu partout dans l’économie québécoise depuis le budget de 2014-2015. Sans affecter les services?

En fait, derrière cette somme, il y a des écoles qui mettent à pied des membres du personnel professionnel de l’éducation (psychologues, orthophonistes, etc.), des programmes de rénovation de logements insalubres qui sont abolis, des scientifiques étudiant l’environnement qui perdent leur emploi.

On s’attend ainsi à ce que la Commission scolaire de Montréal réussisse à faire le même travail qu’avant, mais avec 23 millions de dollars de moins. Concrètement, on parle de mettre à la porte 175 personnes, dont 71 membres du personnel professionnel et 65 du personnel de soutien. Et l’année prochaine, il faudra encore couper dans la masse salariale. Y a-t-il tant de personnes superflues qui aident les enfants à apprendre?

Des effets concrets

En santé aussi, l’austérité a des effets très concrets. En Montérégie, ce sont 38 millions de dollars qui sont coupés. Pour y parvenir, on fermera des lits et on réduira le nombre d’infirmières et de professionnels de la santé. Dans les Laurentides, c’est un centre de réadaptation en santé mentale tout entier qui sera fermé.

Pourtant, ce n’est un secret pour personne que le système de santé déborde, que le personnel de soins travaille sans répit et que l’accompagnement des malades les aide à retrouver une santé plus durable que s’ils sont laissés à eux-mêmes. Qu’à cela ne tienne! Il faut couper, et ce sont les plus vulnérables qui écoperont. Et comme ils contribuent peu aux caisses électorales, on peut se permettre leur mécontentement.

Des exemples comme ceux-ci, il y en a pour tous les secteurs, dans toutes les régions du Québec. Grâce au nouveau site austerite.iris-recherche.qc.ca, il est maintenant possible aux lecteurs du Journal de parcourir la liste (de plus en plus) complète des compressions. Le gouvernement peut bien essayer de nier l’impact de ses décisions sur les services publics, les effets sont réels, concrets et ressentis par la population au complet.

Et maintenant, on en a la liste pour le prouver.

 

Brèves

Vous désirez réagir à ce texte dans nos pages Opinions?

Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante:

Vous pouvez aussi nous écrire en toute confidentialité si vous avez de l'information supplémentaire. Merci.